Les publications en sciences humaines sont nombreuses et d’une richesse impressionnante.La lecture de centaines d’ouvrages a constitué, à chaque fois, un moment de plaisir et de grande satisfaction intellectuelle. J'espère que l’internaute trouve dans ces critiques l’envie de se plonger, à son tour, dans ces livres

Autisme et travail : un défi

TREESE-DAQUIN Catherine, Éd. L’Harmattan, 2020, 290 p.

L’altération de la communication, des interactions sociales et de la perception des signaux émotionnels chez une personne avec autisme rendent-ils difficile, voire impossible son insertion professionnelle ? L’auteure a voulu répondre à cette question, en recueillant le témoignage de cent cinquante personnes concernées, âgées de douze à soixante ans. Les propos qui constituent le matériau de base de son étude sont révélateurs. Certains assument leur autisme, comme Xavier qui l’a indiqué

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Les fantômes de l’Europe. Les migrants face aux politiques migratoires

PEYROUX Olivier, Éd. Non Lieu, 2020, 235 p.

Certains partis politiques et nos gouvernements successifs n’ont de cesse que de promettre de lutter contre l’immigration. Celle-ci est pourtant restée stable depuis quinze ans, mise à part la crise aigüe de 2015 qui s’est résorbée dès l’année suivante. Mais, ce dont on parle beaucoup moins, c’est de la traite consécutive des êtres humains. La protection des frontières a supplanté celle des personnes. Si les autorités ont favorisé l’expansion de l’industrie du contrôle biométrique, elles ne

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On a tous un ami noir

GEMENNE François, Éd. Fayard, 2020, 253 p.

Comment contrer tous ces discours contre l’immigration qui contestent tout racisme au prétexte de l’existence d’un ami noir ? Sûrement, en lisant l’ouvrage de François Gemenne qui multiplie les démonstrations contre-intuitives. En commençant par récuser le principe même du débat : s’interroger sur l’accueil et le coût des migrants est aussi légitime que de questionner le poids des personnes âgées o

u handicapées dans le PIB ! Pour l’auteur, la migration a toujours existé et existera toujours. Il

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Carte blanche : l’État contre les étrangers

PARROT Karine, Éd. La Fabrique, 2019, 328 p.

On se doutait que les variations politiques sur les questions de nationalité relevaient de choix arbitraires et discrétionnaires, au gré des préoccupations guerrières, colonisatrices et économiques des États. A la lecture de ce livre s’intéressant à la variante Française, on n’aura plus aucun doute. Karine Parrot rappelle que la nationalité est un concept récent dans l’histoire, une pure construction juridique façonnée en un moment où la gestion des flux de population s’avéra nécessaire. La

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Travail social et nouvelles pratiques interculturelles

CURIE Raymond, Éd. L’Harmattan, 2020, 263 p.

Comment les professionnels du social peuvent-ils se positionner face à ces multiples ethnies auxquelles la diversité de leur public les confronte ? Leur éthique leur commande de reconnaître autrui, quel qu’il soit, comme appartenant à la même humanité. Si cette conviction universelle les conduit à accueillir avec bienveillance les spécificités de chaque culture, ce n’est pas pour y enfermer leur interlocuteur, pas plus que pour justifier les atteintes aux droits de l’homme otages de la lutte

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Comme un père

VANNIER Xavier, Éd. Le livre et la plume, 2020, (176 p.)

Comment est-il possible d’être un professionnel en protection de l’enfance, tout en garantissant la sécurité affective d’un public qui en manque tant ? Telle est l’équation qu’a réussi à résoudre Xavier Vannier avec Morgan, qu’il a accueilli dans son lieu de vie pendant sept ans. La description de ce long suivi éducatif est saisissante. Cet éducateur a commencé par se placer en position d’écoute, sans chercher à en savoir plus que ce que l’adolescent voulait bien lui confier, de crainte

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Oser le verbe aimer en éducation spécialisée

GABERAN Philippe, Éd. Erès, 2019, 294 p.

Comme il est de géniteurs qui ne deviendront jamais parents, il est des professionnels qui, enfermés dans leur outillage technique, ne réussiront jamais à s’engager affectivement. Cette marche à franchir est pourtant celle qui permet d’aller au-delà des apparences, d’envisager des modèles explicatifs jusque-là inconnus ou inexplorés et d’ouvrir un ensemble de possibles à partir d’indices parfois à peine visibles ou audibles. Remplit son rôle d’éducateur celle ou celui qui, acceptant de se faire

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Engager ses émotions dans la relation d’aide ?

LAIZEAU Alexandrine et GALOPIN Catherine, Éd. EHESP, 163 p.

On nous a incité si longtemps à nous méfier et à garder le contrôle de nos émotions autant que de les placer professionnellement à distance pour préserver notre objectivité, qu’on a presque oublié qu’on ne pouvait s’en débarrasser. Deux assistantes sociales analysent leurs fondements philosophiques, biologiques et socio-historiques, avant d’en illustrer les manifestations à travers quelques vignettes cliniques. La peur, la honte, le dégoût, l’impuissance … sont ainsi déclinées

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Les liens affectifs en famille d’accueil

CHAPON Nathalie, NEYRAND Gérard, SIFFREIN-BLANC Caroline, Éd. Erès, 2018, (332 p)

Ce qui a toujours dominé nos sociétés, c’est la vision anthropologique d’une famille cellule de base fondée sur des liens de filiation et d’alliance. Tout système familial n’étant qu’une construction sociale, celui-ci ne pouvait que subir l’effet des mutations contemporaines. La protection de l’enfance a suivi les mêmes évolutions. Après avoir longtemps considéré les familles en grande difficulté comme toxiques parce que ne correspondant pas à l’archétype

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Anthropologie des faits religieux dans l’intervention sociale

VERBA Daniel, Éd. I.E.S., 2019, (216 p.)

Comment les professionnels doivent-ils se comporter face au fait religieux ?

Si on ne peut imaginer qu’ils en fassent la promotion, ils ne peuvent pas non plus se contenter de le reléguer au registre des seules crédulité naïve, consolation face au malheur ou « opium du peuple » oppressé. Ils doivent l’intégrer comme une des modalités possibles de construction des subjectivités auxquelles ils sont confrontés. Si 63% des français se disent non croyants (dont 29 % d’athées), il y a néanmoins une poussée

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