Les publications en sciences humaines sont nombreuses et d’une richesse impressionnante.La lecture de centaines d’ouvrages a constitué, à chaque fois, un moment de plaisir et de grande satisfaction intellectuelle. J'espère que l’internaute trouve dans ces critiques l’envie de se plonger, à son tour, dans ces livres

Survivre dans la rue

WEBB Ann, Albin Michel, 2011, 231 p.

A 42 ans, Ann Webb travaille à Portland, aux USA, comme aide-soignante intérimaire, auprès d’enfants autistes ou de personnes âgés souffrant de la maladie d’Alzheimer. Quand l’opportunité se présente de voyager en Europe, son envie d’aller à la rencontre de cultures différentes est la plus forte. Elle décide de faire des économies, pour réussir à se payer son billet d’avion. Elle va multiplier les vacations jusqu’à la veille de son départ. Sur le point de rentrer, son billet d’avion est annulé, du fait

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A qui appartiennent nos enfants?

SEGALEN Martine, Ed. Taillandier, 2010, 207 p.

L’enfant est le miroir de la société. Tout au long de l’histoire, la question de savoir à qui il appartient a reflété les conceptions et modes de vie des adultes. Il a d’abord été la propriété de la famille, conséquence naturelle du mariage, institution structurée autour du devoir de fécondité. La parentèle avait alors une forte emprise sur le nouveau-né qui prenait, selon son sexe, un prénom de la lignée masculine ou féminine. A dix ans, il était associé à toutes les activités sociales. Les

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Nos idées sur l’enfance. Étude des représentations de l’enfance en Occident

DUPEYRON Jean-François, L’Harmattan, 2010, 311 p.

Voilà une étude historique tout à fait judicieuse qui nous permet de relativiser la vision, trop souvent répandue, d’une conception moderne de l’enfance triomphante face au soi-disant obscurantisme médiéval qui aurait soit ignoré, soit méprisé cette classe d’âge. Jean-François Dupeyron nous fait la brillante démonstration que les mêmes visions du petit d’homme ont traversé, pour la plupart, l’histoire. Il en repère au moins quatre, que l’on retrouve sous des versions plus ou moins originales

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Pauvres en droits

KHAN Irene, Ed. Max Milo, 2010, 285 p.

Entre le  milieu des années 1970 et l’an 2000, le taux de pauvreté de la population mondiale est passé de 74% à 40%. Dans la même période, la mortalité infantile a chuté de moitié et l’on a noté une évolution positive des indices de santé, d’éducation et de revenu par habitant. La banque mondiale définit la grande pauvreté à partir d’un dollar de ressource par jour et la pauvreté à partir de deux. C’est encore un milliard de personnes qui sont concernées dans le premier cas et deux par le second. Pour

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Éliminer la pauvreté

DAMON Julien, P.U.F., 2010, 246 p.

La mutation de la pauvreté est marquée par cinq tendances : un rajeunissement, une féminisation, une urbanisation-concentration, une dépendance accrue aux prestations et une installation au coeur du salariat. Longtemps subordonnée aux résultats économiques, la lutte contre la misère est devenue un objectif à part entière, des voix ayant réussi à convaincre que le monde disposait du savoir-faire et des ressources pour la faire disparaître, en une génération. Julien Damon nous décrit, dans ce livre

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Le génie de l’intuition. Intelligence et pouvoir de l’inconscient

GIGERENZER Gerd, Belfond, 318 p.

La philosophie nous a mis en garde, depuis l’antiquité, contre la connaissance sensible qui peut si facilement nous induire en erreur. La civilisation des mœurs nous a incités à nous méfier de nos émotions et de nos affects qui nous mènent trop souvent à des excès. La science nous a incités à nous détourner des superstitions et de la magie, en ayant recours à la rationalité. La sociologie nous prévient contre le sens commun et les opinions qui s’abreuvent de tant de clichés et d’idée reçues. Tout cela est bel

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De l’oralité. Essai sur l’égalité des intelligences

TERRAIL Jean-Pierre, La Dispute, 2009, 281 p.

L’argument venant expliquer l’échec scolaire fut, jusqu’aux années 1960, l’absence de don. Les systèmes explicatifs qui se succédèrent ensuite firent état soit du marquage social du savoir (Bourdieu), soit des moins bonnes performances linguistiques des classes les plus défavorisées (Bernstein), soit encore de la proximité de la culture orale des couches favorisées avec la culture écrite (Goody). Mais dans tous les cas, le handicap socioculturel devint l’interprétation princeps de cette

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Omerta dans la police. Abus de pouvoir, homophobie, racisme, sexisme

SOUID Sihem et MONTALI Jean-Marie, Le Cherche Midi, 2010, 270 p.

Quand Sihem Souid entre à l’école de police de Draveil, elle est émue en entendant la Marseillaise et frissonne en voyant la levée des couleurs. C’est avec fierté qu’elle porte l’uniforme et exerce ce travail où elle se sent utile. La lutte contre l’immigration clandestine ne lui pose aucun problème moral : il est normal, à ses yeux, que l’État français gère les flux migratoires. Cela tombe bien, elle est affectée à la police de l’air et des frontières à Orly, son bilinguisme

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Il a détruit la police de proximité

HAVRIN Jean-Pierre, éditions Jean-Claude Gawsewitch, 2010, 251 p.

C’est un itinéraire peu commun que celui Jean-Pierre Havrin. En 35 ans de carrière dans la police, il a franchi tous les échelons : inspecteur, commissaire, contrôleur général et conseiller auprès de Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’intérieur, sans oublier le poste de secrétaire général du syndicat des commissaires. Il aurait pu finir comme Directeur central ou comme Préfet.  Mais le terrain lui manque. En 1999, il demande à être affecté comme Directeur

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L’éducation des sourds et muets, des aveugles et des contrefaits, au siècle des lumières (1750-1789)

PRESNEAU Jean-René, L’Harmattan, 2010, 211 p.

Le handicap a longtemps fait l’objet d’amalgames entremêlant fantasmes, idées populaires et notions médicales fragmentaires. On riait facilement de la maladresse d’un aveugle, du bafouillage d’un bègue, de la claudication d’un boiteux ou de la déformation d’un bossu, tout en attribuant tour à tour aux sourds une vue exceptionnelle et aux aveugles une ouie extraordinaire. L’invalidité était alors source de rejet (à l’égard de la différence) et d’angoisse (par crainte d’en être atteint soi-même). Il

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