Livres
Travailleurs sociaux en danger. La boite à outil
CHAUMARD Isabelle, auto-édition*, 2018, 124 p.
Les professionnels en protection de l’enfance ont été formés à protéger les enfants, pas à se sécuriser eux-mêmes. Isabelle Chaumard les invite à organiser la prévention des risques encourus, à limiter les conséquences liées au suivi des dossiers sensibles et à connaître les procédures ainsi que les interlocuteurs possibles, en cas de difficulté. Car, ils ne sont nullement à l’abri d’une mise en cause pénale potentielle. Parce que l’accumulation des informations préoccupantes provoque des
Petites histoires de travail social
DURUAL Arlette, Ed. érès, 2017, 126 p.
Si certains métiers occupent volontiers le devant de la scène, ce n’est pas vraiment le cas des travailleurs sociaux qui agissent quotidiennement dans l’ombre et à bas bruit, accompagnant sans relâche les plus fragiles et les plus exposés. Arlette Duval leur consacre ce livre composé de récits de situations réelles, vécues, entendues ou rapportées. Il n’est pas question ici de dresser un inventaire exhaustif, mais de décrire quelques scènes montrant ces petites touches appliquées au quotidien qui
Les MECS au cœur des évolutions de la protection de l’enfance. Travailler avec l’impossible
CHENUT Martial et VIALLEIX Laurent (sous la direction), Éd. érès, 2018, 402 p.
Voilà un ouvrage éclectique, proposant diverses portes d’entrée pour comprendre ce que sont les maisons d’enfants à caractère social (MECS), à travers leur histoire, le travail éducatif qui s’y déploie, la clinique qui est au cœur de leur raison d’être, leur management, la formation de leurs professionnels, mais aussi leur avenir. Les MECS sont les héritières à la fois des congrégations caritatives fondatrices des orphelinats, des structures disciplinaires
Le bal des aimants ou le parcours d’un enfant placé
DUHAMEL Pierre, Ed. L’Harmattan, 2017, 231 p.
Non, tous n’ont pas vécu dans « l’enfer des foyers ». Il suffit, pour s’en convaincre de lire le récit de Pierre Duhamel qui y a passé douze ans. Aujourd’hui, il vit heureux, intégré et père de deux enfants. S’il a voulu mettre des mots sur son enfance, c’est pour tenter de se libérer du vécu traumatisant qui l’a marqué. Mais, ce n’est pas aux éducateurs qu’il en veut. Certes, constate-t-il « certaines personnes diplômées en travail social n’ont rien à y faire ». Mais la plupart sont des
Non, ce n’était pas mieux avant. 10 bonnes raisons d’avoir confiance en l’avenir
NORBERG Johan, Ed. Plon, 2017, 269 p.
Le bon vieux temps, c’est maintenant, proclame avec force Johan Norberg ! L’idéalisation du passé est une aberration. Jusqu’à ce que la révolution agricole multiplie la productivité par 2500, la malnutrition tuait des milliers de personnes : 56 famines nationales rien qu’en France entre le XIème et le XVIIIème siècle. L’accès à l’eau potable était rare, la pollution des sources contraignant à consommer de la bière et du vin (la fermentation éliminant les bactéries). L’espérance de vie était de 20/30 ans
De mieux en mieux et de pire en pire
TAVOILLOT Pierre-Henri, Ed. Odile Jacob, 2017, 264 p.
Depuis le commencement des choses, ce fut toujours mieux avant, explique Pierre-Henri Tavoillot. La rengaine ambiante reprenant le « tout va de pire en pire » n’est pas récente. Elle faisait dire à Sénèque il y a 2.000 ans combien l’homme ne cesse de regretter le passé et de craindre l’avenir. Pourtant, si tout le monde se plaint, personne ne veut revenir en arrière. Car, chacun constate que « tout va de mieux en mieux ». Comment expliquer cette ambivalence ? L’émergence de la modernité a
Anti-manuel d’éducation. L’enfance révélée par les sciences
GOPNIK Alison, Ed. Le Pommier, 2017, 393 p.
S’appuyant sur des recherches scientifiques et son propre vécu personnel, Alison Gopnik s’attaque au parenting, cette méthode éducative prescriptive et normative nous venant des USA qui, en présentant un mode d’emploi idéal, entretient l’illusion que l’on pourrait façonner l’enfant pour le faire ressembler à un modèle prédéfini. L’enfance est un espace temps où se déploient les variations et les possibilités, l’exploration et l’innovation, l’apprentissage et l’imagination. Notre société qui prône la
Et si nous laissions nos enfants respirer? Comprendre l’hyper parentalité pour mieux l’apprivoiser
HUMBEECK Bruno, Ed. Renaissance du livre, 2017, 236 p.
De l’enfant voulu à l’enfant programmé, la procréation est devenue un acte maîtrisé et volontaire, dicté par le libre choix. Si cette avancée est positive, elle confronte les parents à la responsabilisation du devenir de l’enfant et à leur culpabilisation s’il n’est pas radieux. De là, vient cette hyper parentalité décrite par Bruno Humbeeck, qui semblera familière à bien des lecteurs. Non, que l’auteur en fasse une nouvelle maladie ou une quelconque tare, encore moins une dérive. JusteNi punir, ni laisser faire. La sanction éducative en pratique
BECK Philippe, Ed. Jouvence, 2017, 189 p.
Autrefois, on exigeait des enfants qu’ils obéissent en se soumettant aux ordres. Aujourd’hui, on leur explique les règles et on accepte de discuter de leur application. Si certains y voient un recul de l’autorité, tel n’est pas le cas de Philippe Beck. L’auteur commence par distinguer entre les règles et les limites. Pour lui, les règles protègent des droits absolus, se fondant sur des valeurs qui ne sont pas négociables (l’interdiction d’insulter correspondant au droit d’être respecté, par exemple)
Les châtiments corporels de l’enfant. Une forme élémentaire de violence
DELANOË Daniel, Ed. érès, 2017, 274 p.
Jusqu’à la loi l’interdiction votée en 1979 par la Suède, quasiment toutes les sociétés humaines ont frappé leurs enfants, afin de redresser leur nature qu’elles estimaient mauvaise. La recherche érudite de Daniel Delanoë qui s’appuie tant sur l’ethnologie, l’histoire que le droit, démontre combien l’application des châtiments corporels relève d’un fait culturel socialement construit. Si rien ne les justifie ni scientifiquement, ni juridiquement, plus de 150 études internationales ont démontré leurs