Livres
Vaincre nos peurs et tendre la main. Mobilisons-nous pour les exclus
LE BLANC Guillaume, Ed. Flammarion, 2018, 105 p.
La qualité de l’accueil des migrants permet de mesurer la santé démocratique d’un pays. À cette aune, la France est loin d’être championne. La violence policière qui tente de décourager les flux migratoires s’intègre à une politique cherchant à invisibiliser les migrants et à expulser ceux qui se montrent trop voyants. Au mauvais pauvre vivant passivement des allocations, s’est rajouté l’épouvantail de l’envahisseur venant prendre le travail de l’européen et menacer sa culture. Tout juste
La clinique de la mondialité
DERIVOIS Daniel, Ed. De Boeck, 2017, 206 p.
En tant qu’être humain, nous sommes tous fondamentalement frappés d’interculturalité, de pluralité et de diversité. Si les uns abordent le monde par le local et d’autres par le global, tous sont immergés dans le « glocal », contraints d’écouter les battements de l’intime dans le cœur universel de l’humanité. Si certains découvrent la société à travers le prisme de l’individu et d’autres à travers le groupe, les grilles d’interprétation sont en train de se métisser et de s’hybrider en articulant
Dehors
MOIX Yann, Ed. Grasset, 2018, 363 p.
Il faut lire Yann Moix. Roi de la métaphore, de la périphrase et de l’anaphore, l’auteur s’en prend à tous ceux qui persécutent ces réfugiés dormant sous la pluie et dans le froid, subissant les exactions des policiers qui les gazent, les matraquent et lacèrent leurs tentes. Il les égratigne, il les admoneste, il les étrille ces politiques qui ne savent opposer que cynisme et veulerie face à ces hommes, ces femmes et ces enfants qui ont survécu à l’horreur des naufrages, à l’épuisement des marches, au
Pour régler nos conflits: la non violence
MAN-IFMAN, Ed. Chronique Sociale, 2018, 140 p.
Ce n’est pas en cherchant à éviter les conflits, que l’on réussira à apaiser les tensions et à supprimer les violences interpersonnelles, explique ce manuel de non violence. C’est en repérant les éléments déclencheurs de crise, en désamorçant les spirales mimétiques et en contenant les débordements émotionnels. Car si le conflit n’est ni bon, ni mauvais en soi, c’est son traitement qui peut s’avérer destructeur. En pleine crise, chacun est sûr d’avoir raison et ne voit guère en quoi il a mal
Se défendre. Une philosophie de la violence
DORLIN Elsa, Ed. Zones, 2018, 252 p.
Il y a toujours eu une ligne de démarcation entre d’un côté les sujets dignes de se défendre et d’être défendus et de l’autre les corps acculés à des tactiques défensives, sans que la légitimité à le faire ne leur soit jamais reconnue. Elsa Dorlin fait un récit terrifiant de la violence imposée tant par l’ordre colonial que racial. Tout acte commis par un esclave, un indigène ou un subalterne fut longtemps considéré comme potentiellement délictueux. Son auteur étant présumé coupable, il était livré à
Comprendre et gérer la violence en institution médico-sociale
BRIOUL Michel, Ed. ESF, 2017, 172 p.
Michel Brioul nous propose ici une somme passionnante sur la question de l’émergence de la violence dans le secteur médico-social. Les actes qui en relèvent ont été multipliés par quatre entre 2008 et 2013, sans que l’on sache distinguer entre l’accroissement réel des faits et le choix de les signaler plus fréquemment. Des mutations contemporaines peuvent néanmoins éclairer une probable inflation : l’abolition de la frontière entre la folie et la déficience d’abord, mais aussi cette fragilisation de
Violences, risques psychosociaux et travail social
MAQUET Ludwig, Ed. Le social en fabrique, 2018, 105 p.
La violence peut surgir au coeur du travail social du fait des usagers, des professionnels, de la prise en charge, mais aussi de l’institution elle-même. Elle semble d’abord inhérente à la population rencontrée, marquée par une accumulation d’échecs, une absence de limites, une intolérance à la frustration, voire par des troubles psychiatriques. Viennent, ensuite, certains comportements de certains intervenants pouvant adopter des postures arbitraires, donner des réponses inadaptées ou se
« Monstres 2.0. L’autre visage des réseaux sociaux
ESCANDE-GAUQUIÉ Pauline et NAIVIN Bertrand, Ed. François Bourin, 2018, 130 p.
La révolution numérique a transformé notre société en un village global, à travers l’accès au savoir pour tous, la gratuité d’internet et l’horizontalité des relations. Tout un chacun peut devenir simultanément spectateur, acteur et commentateur, échanger et interagir, mais aussi créer des contenus. Mais, c’est justement cette nouvelle culture incitant à tout montrer et à tout regarder qui produit de multiples dérives. A commencer par l’espace intime de chacun qui
Le salaire des enfants
ALLEGRA Cécile, Ed. Stock, 2016, 224 p.
La législation des pays développés s’enorgueillit d’avoir éradiqué le travail des enfants. Le long reportage à travers l’Europe que nous propose Cécile Allegra démontre le contraire. Si l’on est bien loin de l’esclavage de ces millions de mineurs du sous-continent indien, la situation de nos pays est loin d’être rassurante. Giultena, adolescente bulgare de 15 ans travaille dès l’aube dans les champs de tabac. Seize heures durant, elle repique les plants, bêche, arrose, enfile les feuilles, puis les
Sans "mobile" apparent. Un quotidien "sans portable", "sans smartphone"
BERGIER Bertrand, Ed. Chronique Sociale, 2016, 174 p.
Tout le monde possède un téléphone … ou presque. En détenir un est devenu une norme qui vaut appartenance au groupe et conformité avec le plus grand nombre. Quel est donc ce petit village isolé de « sans portable » qui résiste encore, maudissant cet appareil et/ou le maintenant à distance ? En auscultant les logiques du refus de s’aligner sur le comportement dominant, Bertrand Bergier nous éclaire aussi sur les effets pervers auxquels sont confrontés ses utilisateurs. Certes, il n’y a pas