Livres
Et si les écrans nous soignaient? Psychanalyse des jeux vidéo et autres plaisirs numériques
STORA Michel, Ed. érès, 2018, 194 p.
Il faut se méfier de tous ces discours qui diabolisent ces images dont nous sommes bombardés en permanence via les écrans qui ont envahi nos vies, nous met en garde Michel Stora. Loin d’être systématiquement nocives, elles peuvent aussi devenir un médiateur de la relation ou nous permettre de nous libérer de la rétention de nos émotions, par identification projective. Derrière chaque jeu vidéo, il n’y a pas qu’addiction et violence. Il y a aussi une interface entre l’équilibre narcissique et la maîtrise de
Les enfants de DAECH
FONDATION QUILLIAM, Ed. Inculte, 2016, 142 p.
De tous temps, les enfants ont été incorporés pour servir dans les guerres. Encore aujourd’hui, des groupes armés continuent à les recruter dans au moins quatorze pays. S’ils sont souvent enrôlés de force, ce sont aussi parfois des recrues volontaires, fuyant les difficultés familiales et la misère, recherchant une nourriture régulière, une rémunération ou une reconnaissance sociale ainsi que la sécurité et la solidarité que procure le groupe. Employés au départ pour transporter des munitions ou
Une fille en correction
LAÉ Jean-François, Ed. CNRS, 2018, 262 p.
En fouillant des archives sur le point d’être détruites d’une association de protection de l’enfance, Jean-François Laé a fait une précieuse découverte : la correspondance s’étendant tout au long des années 1950 entre Odile Rouvat, assistante sociale auprès du tribunal pour enfants et Micheline Bonnin, jeune mère de 20 ans. Il en a fait ce livre. D’un côté une professionnelle appartenant à cette catégorie de femmes issues de la bourgeoisie, ferventes catholiques et célibataires affirmées qui se
Une vie à crédit. Ethnographie avant basculement des mondes
Tome 1 : Immersion (189 p.) Tome 2 : au cœur du monde (193 p.) Tome 3 : le virage du monde » (204 p.)
LE REST Pascal, Ed. L’Harmattan, 2017
En 586 pages, Pascal le Rest nous dresse un étonnant portrait. Rares sont les écrivains en capacité de donner autant de détails aussi précis sur des évènements remontant trente ans en arrière. Et pour cause, il leur manque les 3.000 pages noircies alors, retraçant par le menu le quotidien, que l’auteur a compilées en se disant qu’un jour, il en ferait sûrement quelque chose. Dans le déroulement des
Les disparus du foyer Sainte Madeleine
GUIMARD Nathalie, Ed. L’Harmattan, 2018, 252 p.
Il se passe toujours quelque chose dans le travail social, y compris des crimes. On n’avait encore jamais situé un polard au coeur d’un foyer éducatif. Voilà qui est fait. Nathalie Guimard nous propose une intrigue haletante qui se lit comme un roman policier … puisque c’en est un ! Un cadavre enterré dans une forêt. Un éducateur au bord du burn-out. Deux mineurs étrangers isolés afghans disparaissant d’un foyer qui les accueille. Des galeries retrouvées dans son sous-sol. Une ONG
Madame rêve
JOCE Ludovic, Editions in&dits, 2018, 69 p.
Ludovic Joce s’était déjà fait connaître, en 2014, avec son roman « Point de gravité » qu’il avait situé au coeur de notre profession (lire critique de livre: Point de gravité). Depuis, il travaille toujours comme éducateur et écrit encore … pour notre plus grand bonheur. Sa dernière publication s’essaye à l’art difficile de la nouvelle. Fixer une atmosphère, distiller un ressenti, saisir un caractère, le tout dans un espace réduit, tel est le défi qu’il réussit à relever. C’est avec habileté
Des ailes pour Issa
DEBAILLEUL Alexandre, Auto-édition, 2018, 236 p.
Rarement, il m’aura été donné de lire une telle concentration de tendresse, d’humour et de poésie dans un roman à la fois attachant et poignant, sensible et nostalgique. Issa, le narrateur, nous fait découvrir son univers avec une bienveillance et une candeur qui apprivoisent la cruauté du monde qui l’entoure. Même s’il le reconnaît, il est né « à côté de ses pompes », il réussit à parler avec une telle acuité de réalités à la fois simples et essentielles que leur formulation serait sans
C’était mieux avant!
SERRES Michel, Ed. Le Pommier, 2017, 95 p.
Avant, les guerres successives faisaient des millions de morts. Avant, les pauvres mourraient sans soins les médecins emportant dans leur sacoche les dix médicaments efficaces pour les patients qui pouvaient les payer. Avant, on pouvait injurier les juifs dans des revues antisémites et prétendre scientifiquement que les noirs étaient plus proches des primates que des êtres humains. Avant, les usines pouvaient répandre sans contraintes leurs déchets dans la nature. Avant, il fallait mettre au monde
Gabin sans limites. Mon amour de fils autiste
SAVARD Laurent, Ed. Payot, 2018, 174 p.
À 18 mois, Gabin ne dit pas « papa », mais son rire infernal, qui peut durer une bonne demi-heure, lézarde les murs. À deux ans et demi, il ne parle toujours pas. « Peut-être n’a-t-il rien à dire ? », commente le pédiatre. À trois ans, Gabin a déjà fait tous les hôpitaux, tous les labos, tous les examens. C’est au bout de dix ans qu’un diagnostic sera posé. Dans la rue, il ferme tous les volets passant à sa portée. Ses petites voitures, il les aligne méthodiquement sans chercher à les faire rouler. À la
A quoi pensent les autistes?
JOUBERT Martin, Ed. Gallimard, 2017, 159 p.
Les premières pages de Martin Joubert sont limpides. Dommage que la suite ne le soit pas toujours. La pathologie de l’autisme, affirme-t-il, se caractérise par une très grande variété de tableaux cliniques. Celui qu’il nous décrit renvoie à cet abîme de perplexité, auquel certaines personnes vivant avec ce syndrome sont confrontées, quand elles font face à l’expression d’une émotion qui représente pour elles un continent mystérieux, une terre étrangère et un univers de non-sens. Vivant avec une