Livres
L’intérêt de l’enfant. Genèse et usage d’une notion équivoque en protection de l’enfance
BRAUKMANN Béatrice et BEHLOUL Salim, Ed. L’Harmattan, 2018, 209 p.
La notion de l’intérêt de l’enfant est à ce point galvaudée, que chacun y place ce qu’il souhaite y trouver. C’est un morceau de caoutchouc sur lequel chaque juge tire pour lui donner la forme qu’il souhaite. C’est un concept si subjectif et si manipulable, si mou et si flou, dépendant essentiellement de ce que veulent en retirer les adultes qu’il autorise tous les abus. Les critiques répertoriées d’emblée par les auteurs permettent de situer combien cette idée s’avère au
Inceste. Victimes, Auteurs, Familles à transactions incestueuses
SUARD Michel, Editions universitaires européennes, 2018, 239 p.
« Les agresseurs sont toujours dans le déni de leurs actes », « ce sont des pervers manipulateurs », « un père incestueux ne peut plus être père », « l’inceste est un génocide identitaire ». D’un côté, il y aurait des auteurs identifiables à un seul modèle : le dominateur violent et sadique, exerçant une emprise maléfique sur l’enfant. De l’autre, des victimes psychologiquement détruites transformées par le traumatisme en mortes vivantes. Cette généralisation est abusive proclameRendre justice aux enfants
ROSENCZVEIG Jean-Pierre, Ed. du Seuil, 2018, 269 p.
On a connu le juge des enfants, le militant des droits des mineurs, l’infatigable artisan associatif. Voilà le patriarche porteur d’une sagesse bienvenue. L’enfant n’étant pas un être achevé, ni un adulte en miniature, il n’a pas la même capacité à distinguer le bien et le mal, ni à mesurer les conséquences de ses actes, répète-t-il inlassablement depuis toujours. Pas étonnant que la jeunesse renvoie en miroir la violence avec laquelle la société la traite si souvent. Inutile d’accuser
La bonne éducation. Parents, réappropriez-vous l’éducation de vos enfants
LIEBIG Etienne, Ed. Michalon, 2016, 214 p.
Trop souvent, on mesure la pertinence des principes éducatifs à l’aune des derniers courants de pensée en vigueur. Or, l’histoire de l’éducation, c’est l’histoire de sa relativité, rappelle Etienne Liebig. Et d’énumérer la succession de savoir-faire requis pour être de bons parents, au cours des siècles. Pendant longtemps, bien éduquer son enfant c’était avant tout le baptiser et en faire un bon chrétien. Son bonheur résidait alors dans la parfaite adéquation entre ce qu’on attendait de lui et ce
Avons-nous besoin de père et de mère
COUM Daniel (sous la direction), Ed. érès, 2016, 220 p.
Certes, le mètre-étalon classique reste centré sur la famille conjugale nucléaire constituée par un homme et une femme. Mais, les évolutions contemporaines (telle la double dissociation entre sexualité et reproduction d’un côté, conjugal et parental, de l’autre) nous rapprochent des modèles fort anciens où le couple n’était pas forcément le tout dans la famille. Bien des manières de faire famille sont possibles, venant relativiser la prétendue universalité du modèle : un père et un seulParents à perpétuité
MOULINAS Sophie et Dominique, Ed. Flammarion, 2016, 324 p.
S’il est bien une réalité terrible entre toutes, c’est de perdre son enfant assassiné dans les conditions les plus atroces. Le meurtre d’Agnès, adolescente de 16 ans violée et tuée à coups de couteau, brûlée puis enterrée près du collège Cévenol du Chambon-dur-Lignon, par Mathieu guère plus âgé qu’elle plonge dans l’effroi. Une multitude de questions se bousculent : pourquoi un tel acte ? Comment expliquer qu’il puisse être commis par un adolescent à l’enfance sans problème ? PourquoiVérités plurielles. Confiés à l’aide sociale à l’enfance, quatre jeunes témoignent
CORON Guillaume, Ed. L’Harmattan, 2016, 97 p.
Il sont réguliers ces livres-témoignages de jeunes qui ne sont pas toujours très tendres avec les institutions et les éducateurs qu’ils ont côtoyés. S’il n’est pas question de remettre en cause leurs récits, celles et de ceux qui les rapportent exprimant là leur vérité, ce ne peut pour autant être la seule vérité qui dirait l’unique réalité des placements. Guillaume Coron, chef de service d’un foyer de l’enfance, a décidé d’initier un travail d’écriture avec quatre jeunes adultes, âgés de 20 à 22
La petite fille numéro 624
TER Colette et WILLIAME Didier, Ed. Quart Monde, 2016, 46 p.
Son père est décédé, quand sa mère était hospitalisée. Elle et ses douze frères et sœurs ont été emmenés par la DDASS. On leur a fait croire qu’ils allaient visiter un château. Quand ils ont voulu rentrer chez eux, le soir, ce n’était plus possible. C’était en 1965. Colette Ter avait quatre ans. L’enfer durera jusqu’à ses 16 ans. « Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter çà ? », s’interroge l’enfant. Elle a connu le cachot quand elle faisait des bêtises et l’obligation de ré
Laëtitia
JABLONKA Ivan, Ed. du Seuil, 2016, 390 p.
L’étude que consacre Ivan Jablonka au destin de Laëtitia Perrais est d’une retenue, d’une empathie et d’un respect qui, pour forcer l’admiration, n’en oublie pas une précision minutieuse, une analyse millimétrée et un souci saisissant du détail. L’auteur manipule avec une dextérité méticuleuse le scalpel autant que le scanner pour pénétrer au plus profond de l’affaire, le radar autant que le sonar pour explorer les couches apparentes et les plus enfouies de la psyché humaine, le microscope autant les
Placé, déplacé. De familles d’accueil en foyers, le combat d’un enfant sacrifié
DUROUSSET Adrien, Ed. Michalon, 2016, 204 p.
L’auteur décrit ses parents comme inconscients et dépravés. Lui et son frère David finissent par être signalés et retirés de ce milieu toxique. Leur arrivée dans un lieu de vie d’urgence n’en est pas moins traumatisante. Puis, vient leur placement en famille d’accueil : un nouvel univers à découvrir, de nouveaux adultes à accepter, de nouvelles règles à adopter. Les visites en famille, tous les quinze jours, les confrontent aux mêmes dysfonctionnements, ne faisant que les déstabiliser encore