Les publications en sciences humaines sont nombreuses et d’une richesse impressionnante.La lecture de centaines d’ouvrages a constitué, à chaque fois, un moment de plaisir et de grande satisfaction intellectuelle. J'espère que l’internaute trouve dans ces critiques l’envie de se plonger, à son tour, dans ces livres

Le cauchemar qui n’en finit pas. Comment le néo libéralisme défait la démocratie

DARDOT Pierre, LAVAL Christian, Ed. La Découverte, 2016, 248 p.

La crise de 2008 n’a fait que radicaliser le néo-libéralisme, constatent les auteurs. La politique économique qu’il impose un peu partout dans le monde, veut faire payer aux salariés et aux retraités le sauvetage du système financier et le remboursement d’une dette qu’ils n’ont jamais contractée. L’Union européenne a mobilisé 4.500 milliards d’euros, soit 37 % du PIB pour éviter l’écroulement des banques. Résultat de l’opération : d’un côté l’accroissement des inégalités, les

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Nos mythologies économiques

LAURENT Eloi, Ed. LLL, 2016, 102 p.

Le néo-libéralisme s’est cristallisé au coeur de l’Union européenne, contre la pensée keynésienne et l’État providence, en s’appuyant sur toute une série de mythes économiques, nous explique Eloi Laurent. L’État s’oppose à la spontanéité du marché ? Faux. Plus la régulation publique est forte, plus les marchés sont dynamiques. Les contempteurs de la libre concurrence n’ont guère protesté, quand la Banque centrale européenne a mis 1.000 milliards de liquidité à disposition des grands groupes financiers

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L’ordre de la dette. Enquête sur les infortunes de l’État et la prospérité du marché

LEMOINE Benjamin, Ed. La Découverte, 2016, 304 p.

Le dernier budget présenté en équilibre par le gouvernement français remonte à 1974. Depuis, la dette publique n’a cessé de s’aggraver, atteignant 65 % du PIB en 2007, et frôlant les 100 % en 2015. La zone euro est à l’unisson, avec un taux moyen de 92 %. Benjamin Lemoine décrit les mécanismes qui ont conduit à ce résultat. Il rappelle opportunément le rôle central de l’État planificateur d’après guerre qui était non seulement un collecteur de fonds, mais aussi l’investisseur et le banquier

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Punir. Une passion contemporaine

FASSIN Didier, Ed. Seuil, 2017, 203 p.

L’inflation s’est emparée d’une France qui a vu, en plus de 60 ans, sa démographie carcérale se multiplier par 3,5. Plusieurs explications sont possibles : une sensibilité plus forte aux illégalismes avec un seuil de tolérance plus bas, mais aussi un renforcement du discours politique sécuritaire permettant de dissimuler les faibles performances en matière d’égalité sociale. Résultat : on enferme plus souvent, plus longtemps pour les mêmes infractions. S’il est vrai que toutes les sociétés ont toujours

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Dans la peau d’un maton

FRAYER Arthur, Ed. J’ai lu, 2012, 384 p.

Comment un journaliste peut-il réussir à écrire un livre sur le milieu carcéral, en dépassant la censure de l’administration pénitentiaire ? S’il se contente de déposer une demande officielle pour y entrer, son ambition risque d’être refroidie. Par contre, s’il s’inscrit au concours de surveillant, s’il suit la formation à sa nouvelle fonction et  s’il entre en détention sous l’uniforme, ce sera bien plus aisé. C’est cette folle immersion que nous propose Arthur Frayer qui nous entraîne derrière les

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En finir avec le libéralisme à la française

SARLAT Guillaume, Ed. Albin Michel, 2015, 234 p.

Si la parole anti-libérale n’est pas rare, on la trouve difficilement dans la bouche de banquiers d’affaire comme Guillaume Sarlat. La France n’est ni en faillite, ni au bord du gouffre, affirme-t-il. Elle est surtout l’otage, depuis plus de trente ans, d’une politique économique qui, en 2013, a procuré quarante milliards d’euros aux actionnaires des groupes du CAC-40 et dégradé toujours plus les conditions de vie des plus fragiles. Les choix qui ont été faits de renoncer à la gestion

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L’effroi

GARDE François, Ed. Gallimard, 2016, 301 p.

Première à l’opéra Garnier : le maestro rend hommage à Hitler, par un salut nazi, le jour anniversaire de la naissance du tyran. Stupeur dans la salle. Un violoniste se lève et tourne le dos à la salle, bientôt suivi d’autres musiciens. Égrenant, tel un journal de bord, les heures et les jours qui suivent cet évènement, le lecteur se glisse dans la peau d’un héros involontaire que rien ne destinait à endosser un tel rôle. Quatre secondes de vie qui vont bouleverser une existence, projetant au

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Une journée dans la mort de l’Amérique

YOUNGE Gary, Ed. Grasset, 2017, 475 p.

Le journaliste britannique Gary Younge nous propose la photographie instantanée du samedi 23 novembre 2013 aux USA. Pourquoi cette journée ? Parce qu’elle fut marquée par la mort par balle de dix enfants et adolescents. Sept étaient noirs, deux hispaniques et un blanc. La chronologie est lugubre. 1h00 : Gary (18 ans). 3h13 : Kenneth (19 ans). 3h30 : Gustin (18 ans). 4h17 : Stanley (17 ans). 7h36 : Jaiden (9 ans). 16h22 : Pedro (18 ans). 19h15 : Edwin (16 ans). 20h19 : Tyler (11 ans). 23h00 : Samuel (16

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Une brève histoire de la violence

BRETON Philippe, Ed. JC Béhar, 2015, 117 p.

La violence, sous toutes ses formes, a toujours existé dans les sociétés humaines, dès lors qu’ont émergé la sédentarité, la concentration de biens et la pression démographique. Pour autant, elle ne fut quasiment jamais l’expression d’une pulsion sauvage, mais fut la plupart du temps guidée et encadrée par des normes fixant ce qui, dans une communauté donnée et à un moment de son histoire, était légitime de faire ou pas. Philippe Breton dresse un inventaire des formes essentielles prises par cette

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Souffrances à l’école. Les repérer, les soulager, les prévenir

CATHERINE Nicole, Ed. Albin Michel, 2016, 250 p.

Comme pédopsychiatre, Catherine Nicole en voit passer dans son cabinet des enfants vivant difficilement leur scolarité. Elle commence par présenter le cheminement allant de la maternelle jusqu’au lycée, en dressant un diagnostic lucide de l’École. Bruit incessant ou silence pesant, lassitude et ennui récurrents, certains élèves plus rapides que d’autres se désintéressant, quand d’autres ont du mal à suivre, plafond de verre socioculturel entre des enseignants et leurs élèves (il ne suffit pas

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