Les publications en sciences humaines sont nombreuses et d’une richesse impressionnante.La lecture de centaines d’ouvrages a constitué, à chaque fois, un moment de plaisir et de grande satisfaction intellectuelle. J'espère que l’internaute trouve dans ces critiques l’envie de se plonger, à son tour, dans ces livres

Les entreprises humanistes

LECOMTE Jacques, Ed. Les Arènes, 2016, 527 p.

Et si l’être humain n’était pas fondamentalement et uniquement égoïste et que la maximalisation des profits n’était pas le seul objectif possible pour les entreprises ? Jacques Lecomte ne nous entraîne pas dans le monde des bisounours. Il rejette avec beaucoup de vigueur l’instrumentalisation utilitariste et productiviste consistant à tenter de rendre les salariés heureux pour qu’ils soient plus rentables. S’appuyant sur de solides études scientifiques et sur de nombreux exemples de terrain plus

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Le travail passionné. L’engagement artistique, sportif et politique

LORIOL Marc et LEROUX Nathalie (sous la direction), Éd. érès, 2015, 346 p.

Un certain nombre d’activités professionnelles sont vécues à la fois comme un travail et comme une passion, allant bien au-delà de la simple recherche de rémunération. Ce qui caractérise le travail passionné ? C’est l’engagement, la liberté, la créativité, l’autonomie, le sens de l’action, l’exercice de l’activité comme porteur de sa propre rétribution. C’est l’incarnation plus d’une nécessité intérieure, que d’une contrainte externe. C’est la porosité des frontières

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Travailler pour s’inclure. L’expérience d’ADC propreté

CHAUVIGNÉ Christian, LEROUVILLOIS Philippe, SOUCHET Jean-Luc, Éd. Rue de l’échiquier, 2014, 207 p.

Action politique sous tutelle économique, démocratie grignotée par le marché, solidarité congédiée au profit du « chacun pour soi » … l’action sociale est en train d’échapper aux ambitions de ses promoteurs. Heureusement, des acteurs de terrain se battent contre l’accoutumance aux inégalités (qui explosent) et aux exclusions (qui perdurent). Les équipes d’ADC propreté en font la démonstration quotidienne, eux qui se donnent pour objectif

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Philosophie sociale. Une philosophie pour tous les acteurs sociaux et éducatifs

OTT Laurent, Ed. Chronique Sociale, 2016, 160 p.

La somme que nous propose ici Laurent Ott est au croisement de son doctorat de philosophie et de sa longue et riche expérience en tant qu’éducateur spécialisé, instituteur, animateur socioculturel et militant de terrain. Revisitant toute une série de concepts qu’il éclaire de sa vision d’une philosophie sociale, outil qu’il veut mutualiser, l’auteur ne recherche pas le consensus. Il préfère bousculer les évidences, afin d’enrichir la pratique d’une conceptualisation théorique. Aux réflexions

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Lieux de vie et d’accueil. Réhabiliter l’utopie

MINART Jean-Luc, Ed. érès, 2013, 224 p.

Passé, présent et futur des lieux de vie et d’accueil font l’objet sous la plume de Jean-Luc Minart d’une synthèse particulièrement bien conçue, à même d’apporter les éclairages que le lecteur chercherait sur cette approche éducative. C’est dans les années 1970 qu’émergent ces espaces atypiques, dont l’égérie (Ferdinand Deligny) est longuement présentée par l’auteur. Fruit du refus du traitement coercitif de la folie et des déviances, de la méfiance des scléroses professionnelles et de

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La contre productivité des institutions socio-éducatives. De l’émancipation à l’assignation

BOUHOUIA Tahar, Ed. L’Harmattan, 2015, 141 p.

S’appuyant sur le cheminement d’une association de prévention spécialisée de la région parisienne, Tahar Bouhouia jette un regard lucide et inquiet sur le travail des éducateurs de rue fondé depuis l’origine sur trois principes : l’absence de mandat, l’anonymat et la libre adhésion. L’institutionnalisation toujours refusée et combattue s’est progressivement imposée à eux, sous la pression de tutelles exigeant un fonctionnement lisible et visible. L’autogestion en place depuis la création du

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L'âge sécuritaire

VULBEAU Alain, Ed. L'Harmattan, 2014, 150 p.

Tous les gouvernements qui se sont succédés ont adopté une orientation transversale relevant de l'âge sécuritaire. Il s'agit de cibler la jeunesse, comme une classe d'âge dont la dangerosité potentielle est mesurée à partir de la thématique des incivilités. Ce qui était encore banal dans les années 1990 est devenu l'archétype de la transgression occupant une place intermédiaire originale entre des sociabilités inoffensives et des pratiques criminelles bien plus graves. Les rassemblements dans les

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Comprendre les chemins de la délinquance. Réflexions sur les causes du phénomène criminel

BEDOU Jean-Pierre, Ed. Chronique Sociale, 2015, 150 p.

La délinquance existe depuis toujours, parce que toute règle de vie enclenche le cycle de violation de cette règle, prévient d'emblée Jean-Pierre Bedou qui ne prétend pas écrire un ouvrage scientifique proposant une solution éradicatrice de la criminalité. Plus modestement, mais efficacement, il propose un état des lieux des réponses émises par les spécialistes. Il commence par écarter les explications ancestrales renvoyant au péché, à la trahison ou à la manifestation du diable

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Sociologie de la délinquance

MUCCHIELLI Laurent, Ed. Armand Colin, 2014, 222 p.

A la fois somme et synthèse, le travail réalisé par Laurent Mucchielli n'est rien moins que passionnant. Souvent prisonnière de l'idéologie sécuritaire, la question de la délinquance est traitée ici avec rigueur et érudition. L'auteur retrace d'abord la cheminement de son étude : depuis la perspicacité d'un Durkheim jusqu'à la création dans les années 1990 de l'Institut des hautes études de la sécurité intérieure, en passant par la fertile école de Chicago et la réflexion menée par le centre

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Sociologie des élites délinquantes. De la criminalité en col blanc à la corruption politique

LASCOUMES Pierre et NAGELS Carla, Ed. Armand Colin, 2014, 303 p.

La criminologie s'est toujours focalisée sur les transgressions des classes les plus défavorisées, celles des élites étant l'objet de recherches très marginales. D'abord, parce qu'elles bénéficient d'un prestige qui contribue à banaliser leurs illégalismes. Ensuite, parce que leur pouvoir exercent une crainte révérencielle. Enfin, parce que leur statut, leurs multiples ressources et leurs réseaux leur permettent de réduire considérablement la visibilité de leurs comportements

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