Livres
Une journée dans la mort de l’Amérique
YOUNGE Gary, Ed. Grasset, 2017, 475 p.
Le journaliste britannique Gary Younge nous propose la photographie instantanée du samedi 23 novembre 2013 aux USA. Pourquoi cette journée ? Parce qu’elle fut marquée par la mort par balle de dix enfants et adolescents. Sept étaient noirs, deux hispaniques et un blanc. La chronologie est lugubre. 1h00 : Gary (18 ans). 3h13 : Kenneth (19 ans). 3h30 : Gustin (18 ans). 4h17 : Stanley (17 ans). 7h36 : Jaiden (9 ans). 16h22 : Pedro (18 ans). 19h15 : Edwin (16 ans). 20h19 : Tyler (11 ans). 23h00 : Samuel (16
Éduquer après les attentats
MEIRIEU Philipe, Ed. ESF, 2016, 253p.
Les attentats se sont imposés comme une béance impensable au coeur de nos catégories de pensée habituelle. Parmi les causes possibles, certains ont pu évoquer l’échec de l’École républicaine. Philippe Meirieu le proclame avec force : la pédagogie et la démocratie, cela ne marche pas à tous les coups. Il faut défendre leur fragilité face à tous les dogmatismes et tous les totalitarismes. L’intégrisme et la radicalisation promettent la sécurité des certitudes et une identité où se lover, la protection d’un
Une brève histoire de la violence
BRETON Philippe, Ed. JC Béhar, 2015, 117 p.
La violence, sous toutes ses formes, a toujours existé dans les sociétés humaines, dès lors qu’ont émergé la sédentarité, la concentration de biens et la pression démographique. Pour autant, elle ne fut quasiment jamais l’expression d’une pulsion sauvage, mais fut la plupart du temps guidée et encadrée par des normes fixant ce qui, dans une communauté donnée et à un moment de son histoire, était légitime de faire ou pas. Philippe Breton dresse un inventaire des formes essentielles prises par cette
Mixité et violence ordinaire au collège et au lycée
MERCADER Patricia, LECHENET Annie, DURIF-VAREMBONT Jean-Pierre, GARCIA Marie-Carmen, Ed. érès, 2016, 272 p.
L’école est un haut lieu de formation des identités d’élève. Mais, elle est aussi le creuset des identités sociales de genre. Les auteur.e.s démontrent combien cette institution fonctionne comme un système hétéro normatif, fixant des assignations dans lesquelles chacun.e est prié.e de se glisser. Il est impossible de séparer le monde des adolescent.e.s qui s’y déploie de celui des adultes, tant l’un et l’autre confortent et exercent un
Gun baby gun. Voyages de tous les dangers au pays des armes à feux
OVERTON Ian, Ed. Belfond, 2016, 503 p.
Journaliste d’investigation, Ian Overton nous entraîne dans un étrange périple nous menant du Brésil au Pakistan, en passant par l’Allemagne, l’Afrique du sud, l’Ukraine, la France, la Suisse, Israël ou le Honduras, à la rencontre des victimes des armes à feux, de ceux qui en font un usage récréatif ou en tirent leur pouvoir, sans oublier ceux qui en font le commerce ou le trafic. En 2007, on comptait une arme pour sept habitants sur la terre. Si les forces de police en détiennent 26 millions et les
Souffrances à l’école. Les repérer, les soulager, les prévenir
CATHERINE Nicole, Ed. Albin Michel, 2016, 250 p.
Comme pédopsychiatre, Catherine Nicole en voit passer dans son cabinet des enfants vivant difficilement leur scolarité. Elle commence par présenter le cheminement allant de la maternelle jusqu’au lycée, en dressant un diagnostic lucide de l’École. Bruit incessant ou silence pesant, lassitude et ennui récurrents, certains élèves plus rapides que d’autres se désintéressant, quand d’autres ont du mal à suivre, plafond de verre socioculturel entre des enseignants et leurs élèves (il ne suffit pas
Miranda Chatoumiaou
REYNARD-CANDIE Sylvie / CLERPÉE, Ed. d’un Monde à l’Autre, 2016, 64 p.
Comment parler le mieux de la dyspraxie de Justine, sinon en donnant la parole à sa chatte Miranda Chatoumiaou qui nous décrit avec force détail le quotidien de sa maîtresse ? Écrire, lire, faire du sport, couper de la viande … tout est difficile, quand on souffre de ce fichu handicap. C’est déjà dur à vivre pour soi-même : se concentrer en permanence pour essayer de bien faire s’avère épuisant. Alors, quand votre enseignante vous accuse de mauvaise volonté ou que des
Jours de soleil
MAZARD Claire, Ed. Le Muscadier, 2017, 85 p.
L’Afrique, ses plages de sable blond, ses villages pittoresques, sa population exotique. La face B de cette image d’Épinal est bien moins réjouissante. Il y a ce vieux tunisien qui, toute la journée, ratisse la plage, dès qu’un touriste la quitte. Pour ce travail, il est payé une misère, espérant juste trouver quelques pièces sous son râteau. Il y a ces mariages forcés de jeunes filles marocaines livrées contre une dote à un mari qu’elles n’ont pas choisi. Il y a ces écrivains publics de Côte
La trouille
BILLET Julia, Ed. Calicot, 2017, 62 p.
Le récit que nous propose Julia Billet est d’une précision, d’une justesse et d’une rigueur qui en font presque un reportage. Tout commence derrière les barreaux d’une prison où est enfermé un très jeune adulte qui nous décrit le quotidien de l’enfermement : ses rites, ses souffrances et ses dérives. Face à la perspective d’une sortie, c’est bien plus l’angoisse du vide qui l’envahit, que le soulagement. L’ascension du sommet d’une montagne qui lui est proposée va constituer un véritable rite de
Franck Lombard dans les starting-blocks. Ethnographie d’une insertion professionnelle
LE REST Pascal, Ed. L’Harmattan, 2016, 200 p.
Pascal Le Rest continue l’ethnographie qu’il avait entamée en 2010. Plus vraiment adolescent, mais pas encore adulte, Franck Lombard, son avatar littéraire âgé de 22 ans, se frotte aux méandres de l’insertion, au cœur des années 1980. Quittant la région parisienne pour exercer comme enseignant dans une lointaine province et s’installant en couple, c’est toute une époque qui transparaît à travers l’itinéraire qu’il nous décrit. La fin des trente glorieuses et le début de la crise se dressent face