Livres
La préférence pour l’inégalité. Comprendre la crise des solidarités
DUBET François, Ed. Seuil, 2014, 110 p.
Après les trente années qui suivirent la seconde guerre mondiale et furent marquées par une croissance miraculeuse et le progrès de l’égalité, on assiste depuis les années 1990 à une aggravation des inégalités, au point de menacer d’un retour à la situation d’avant la première guerre mondiale, constate François Dubet ! Alors qu’Henri Ford, dont on connaît les sympathies nazies, revendiquait de limiter les salaires des hauts cadres à quatre fois celui des ouvriers, ils sont aujourd’hui en moyenne trente
La juste part. Repenser les inégalités, la richesse et la fabrication des grilles- pains
ROBICHAUD David et TURMEL Patrick, Ed. Les Liens qui Libèrent, 2016, 144 p.
L’idéologie néo-libérale s’est construite sur toute une série de postulats qui sont devenus, au cours des décennies, des dogmes. L’individu devrait sa bonne ou sa mauvaise fortune à son unique et simple mérite. Chacun étant propriétaire de ses biens, le libre échange constituerait la condition naturelle de l’homme. Seul le marché concurrentiel libre de toute contrainte pourrait réguler les échanges humains. Les compétiteurs seraient mus par la seule satisfaction de
Conversation sur la naissance des inégalités
DARMANGEAT Christophe, Ed. Agone, 2013, 196 p.
Cette conversation d’un économiste avec lui-même, dans une collection intitulée « comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire », est rien moins que passionnante. Elle permet de combattre l’idée reçue de la fatalité d’une inégalité qui aurait existé de tous temps. Trois types de société se sont succédées dans l’histoire : égalitaires, inégalitaires et celles divisées en classes sociales. Dans les premières, on ne trouve ni propriété privée, ni hiérarchie sociale : le partage est la
Inégalités
ATKINSON Anthony B., Ed. Seuil, 2016, 446 p.
Généralement ignorée par les économistes, la question des répartitions des richesses portée est au centre de la démonstration d’Anthony B. Atkinson, chercheur à la renommée internationale. La finalité de son propos consiste à exposer les moyens pour réduire l’ampleur des inégalités. Si l’auteur propose un état des lieux lucide et perspicace, de plus en plus reconnu, les propositions concrètes qu’il avance sont tout particulièrement audacieuses et iconoclastes. Initiée aux USA par le New Deal comme
La justice et les enfants
ROSENCZVEIG Jean-Pierre, Ed. Dalloz, 2013, 307 p.
Qui n’a pas rêvé de disposer d’un vade-mecum que l’on pourrait glisser dans une poche ou dans un sac, venant ainsi concurrencer avec bonheur les lourds et encombrants codes ou traités de droit ? Cette chimère est devenue réalité, grâce à Jean-Pierre Rosenczveig qui nous propose ici un livre petit par sa taille (8 X 12 cm), par son poids (moins de 100 grammes) et par son prix (3 €), mais utile et pertinent par son contenu. L’ouvrage est centré sur l’enfant. Celui-ci possède tous les droits de
Pratiques et évolutions de la justice des mineurs
BRUEL Alain, Ed. érès, 2015, 322 p.
Désormais en retraite, Alain Bruel a consacré toute sa carrière à la fonction de juge des enfants. C’est dire si le regard qu’il porte sur la justice des mineurs est acéré. Depuis des années, le cadre législatif de l’assistance éducative est resté stable, quelques réformes venant juste l’affiner : extension de la protection judiciaire aux jeunes majeurs (1975), limitation de la durée des mesures (1986), préservation des fratries (1998), consultation des dossiers par les familles (2002). C’est bien
Les placements d’enfants
ATTIAS Dominique & KHAÏAT Lucette, Ed. érès, 2014, 378 p.
Si, avec une trentaine de contributeurs, cet ouvrage ne prétend pas à l’exhaustivité sur la question des placements d’enfants, il propose néanmoins un tour d’horizon très diversifié. Le choix a été fait de ne pas donner la parole aux sachants des sciences humaines que l’on trouve si souvent ailleurs, mais à des acteurs institutionnels. Mais, mis à part quelques professionnels de terrain et psychiatres, ce sont surtout des cadres issus de la PJJ, des Conseils départementaux et des
L’intérêt de l’enfant
McEWAN Ian, Ed. Gallimard, 2015, 232 p.
Fiona Maye est une brillante magistrate britannique spécialisée en droit de la famille. Elle va vivre en l’espace de quelques mois deux évènements contigus: des complications d’ordre personnel et un jugement particulièrement délicat à établir. C’est d’abord sa rupture conjugale, dont la chronique parcourt le roman, que l’on suit pas à pas, démonstration que l’on peut être une éminente juriste, tout en étant confrontée aux mêmes préoccupations que ses justiciables. L’affaire qui la marquera à jamais, ce
La mutante ou 1001 journées d’une assistante sociale
BECLAIR Catherine, Première édition , 2015, 144 p.
Ce qui a poussé Catherine Beclair à devenir assistante sociale ? Le filon social qui l’habite, comme bien d’autres, trouve ses origines dans d’obscures racines. C’est bien un ensemble d’étincelles qui ont contribué à alimenter un véritable feu d’artifice. C’est une sorte de combustion qui s’est produit en elle, venant nourrir et déclencher une mutation de gênes faisant de l’éthique, du secret professionnel et de la déontologie une seconde nature. Héritière de ces infirmières visiteuses du
Récits de «sans histoires». Chroniques d’un travailleur social ordinaire
GARNIER Fabrice, Ed. EdiLivre, 2015
Cela faisait longtemps, sans doute, que Fabrice Garnier avait envie de se lâcher. Ça y est : c’est fait ! Son ouvrage joue sûrement pour lui un rôle cathartique. Pour le lecteur, la première surprise une fois passée, le plaisir pourrait bien l’emporter sur l’indignation. Convaincu de la mission de sauvetage du genre humain confié au genti’z’éducateur s’occupant de pôôôôvres personnes en détresse, il s’indignera du cynisme de l’auteur qu’il trouvera à coup sûr déplacé. Mais, celui qui n’a aucune illusion