SCIENCES HUMAINES
Culture codes. Comment déchiffrer les rites de la vie quotidienne à travers le monde
RAPAILLE Clotaire, éditions JC Lattès, 2008, 300 p.
Clotaire Rapaille est psychiatre et anthropologue. Il vit aux USA, depuis 1981, et y exerce comme conseiller en marketing. Il propose aux grandes marques industrielles de décrypter le fonctionnement des consommateurs, afin de leur permettre de mieux vendre leurs produits. Que vient donc faire ici un auteur qui aurait bien plus sa place dans la bibliographie d’une école de commerce que dans la rubrique d’un journal du social ? C’est que ce qui est utilisé dans une ambition mercantile peut
Manuel de manipulation. Pour obtenir (presque) tout ce que vous voulez
AZZOPARDI Gilles, éditions First, 2008, 331 p.
Cet ouvrage peut tout d’abord se lire comme un monument de cynisme : on y apprend comment être égoïste et bien mentir, tout en cultivant l’art de la manipulation tant de son chef, de ses collègues de travail que de ses partenaires affectifs. Son propos n’est pas seulement de dénoncer les manipulations dont nous pouvons toutes et tous être victimes, il incite ouvertement à les utiliser. On peut tout autant y voir un mode d’emploi à l’intention du citoyen lambda confronté à un monde qui, ayant
Sortir de la violence par le conflit. Une thérapie sociale pour apprendre à vivre ensemble
ROJZMAN Charles, éditions La découverte, 2008, 179 p.
Le constat dressé ici est plutôt pessimiste. Selon l’auteur, notre société ne possède plus de projet commun permettant de faire vivre ensemble les différentes parties qui la constituent. Les communautés, qui vivent repliées sur elles-mêmes, ne se rencontrent plus. L’ignorance, les peurs et les haines réciproques sont devenues les obstacles principaux à une cohabitation et à une coopération permettant un fonctionnement harmonieux et équilibré. Trois maladies sociales dominent : la
Dolto expliquée aux parents
LIAUDET Jean-Claude, L’Archipel, 2008, 230 p.
Le livre de Jean-Claude Liaudet doit être lu, de toute urgence. Ne serait-ce que pour se faire une idée définitive sur ce que Françoise Dolto a pu développer comme théories. Car, même si l’on ne peut nier son rôle de pionnière dans la reconnaissance de la place de l’enfant, certaines de ses prises de position sont totalement affligeantes. Et il est encore plus aberrant de les voir présentées en 2008, sans le moindre début d’esprit critique. Qu’on en juge. Françoise Dolto nous le garantit : le
Dolto, si tu reviens, j’annule tout!
BEN SOUSSAN Patrick, érès, 2009, 188 p.
Il n’y a pas de date limite de consommation à ce que Françoise Dolto nous a légué, affirme d’emblée l’auteur. Parce que c’était périmé d’emblée ? Pas du tout. Parce que dans une époque marquée par la haine de la pensée libre et de ceux qui font réfléchir, la célèbre psychanalyste apparaît pour l’auteur, comme une sainte ou une sorcière qui frisait le génie. Certes, il reste sceptique sur les félicitations que Dolto adressa, en tant que maman, à sa fille Catherine quand, âgée de 5 ans, l’enfant avait
Bruno Bettelheim, une vie
Nina Sutton, Stock, 1995, 758 p.
Bruno Bettelheim, le célèbre psychanalyste, le directeur de l’Ecole Orthogénique de Chicago pendant près de trente ans, le penseur empreint d’humanité et de pédagogie active, serait-il en fait un imposteur ? La presse lui rend un vibrant hommage lorsqu’en 1990, l’homme se suicide. Mais l’encre des nécrologies flatteuses à peine sèche, une violente campagne de presse le traîne dans la boue.
Nina Sutton nous propose ici une biographie monumentale qu’elle a mis cinq années à écrire. On y suit Bruno Bettelheim de
S’ennuyer, quel bonheur!
LEMOINE Patrick, Armand Colin, 2008, 183 p.
Si notre société a appris à chasser et à redouter l’ennui, c’est sans doute en raison de sa quête de satisfaction instantanée, d’efficacité et de productivité qui exclut tout temps mort. Mais cela n’a pas toujours été ainsi : après la peine de mort, la sanction la plus lourde fut longtemps les travaux forcés. C’est aujourd’hui, l’incarcération à perpétuité en un lieu où l’on n’a d’autres perspectives que d’attendre, sans rien faire. Les vertus de la morosité, les merveilles du farniente, l’extase
L’éducation par les mots
DEMEY Christel, L’Harmattan, 2007, 236 p.
Christel Demay nous propose un ouvrage dense et passionnant sur la force parfois destructrice des mots. Elle ne remet pas en cause les propos parfois rudes adressés par les parents à leur enfant, pour les faire obéir ou enrayer ceux de leurs comportements qu’ils jugent néfastes. Ils ont le droit d’être parfois épuisés ou de décompenser. C’est ce langage massivement dépréciatif qui s’inscrit dans la durée et la répétition, dans l’acharnement et la puissance de conviction qu’elle considère comme
Les usagers au secours de la psychiatrie. La parole retrouvée
BAILLON Guy, érès, 2009
Dans un style parfois un peu trop discursif, Guy Baillon ne nous propose pas moins un éclairage tout à fait intéressant sur la psychiatrie. Bien sûr, il y a ces banderilles qui feront grincer quelques dents. Comme ce regret sur l’absence de modestie et d’incertitude qui devraient pourtant constituer la base de cette discipline ou la critique sur sa prétention à vouloir répondre à tous les besoins de la personne malade mentale. Autre pique combien pertinente pour tous ceux qui ont été confrontés à l’argument de
Autobiographie d’un épouvantail
CYRULNIK Boris, Odile Jacob, 2008
Les troubles psycho traumatiques sont à peu près les mêmes, quelles que soient les cultures : le blessé devient anxieux et irritable, les images d’horreur revenant en permanence, le moindre évènement faisant revivre la souffrance. Ce vécu est tellement intolérable que le psychisme cherche à combler le vide laissé par l’insensé de l’évènement. Il construit parfois une vision délirante de ce qui s’est passé. Il essaie aussi de se protéger, en organisant un déni ou un mutisme qui pour mettre le sujet à l’abri