Les publications en sciences humaines sont nombreuses et d’une richesse impressionnante.La lecture de centaines d’ouvrages a constitué, à chaque fois, un moment de plaisir et de grande satisfaction intellectuelle. J'espère que l’internaute trouve dans ces critiques l’envie de se plonger, à son tour, dans ces livres

Le recours aux soins des demandeurs d’asile. Approche ethnographique de l’expérience de l’exil

BALLIÈRE Frédéric, L’Harmattan, 2011, 136 p.

La permanence d’accès aux soins de santé est un service dépendant de l’hôpital public, destiné aux patients trop en difficulté pour bénéficier du droit commun, trop pauvres pour avoir recours à la médecine de ville, trop isolés pour intégrer les réseaux traditionnels. Les demandeurs d’asile fréquentent tout particulièrement ces lieux, du fait même de leur manque de ressources et de l’impossibilité pour eux de prétendre à la Sécurité sociale. Mais, leur quête va bien au-delà d’une simple demande

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Intégration: mode d’emploi. Les tribulations d’un ''musulman laïque''

BICHARA Ahmat Zeïdane, Ed. Le bord de l’eau, 2011, 183 p.

Jusqu’en 2005, Ahmat Zeïdane Bichara était journaliste au premier quotidien tchadien Le progrès. Il publie alors un article sur un camp de dressage islamiste à N’Djamena où les enfants « récalcitrants » sont frappés, enchaînés et enfermés. Sollicité par Envoyé spécial, il aide le reporter à y pénétrer, avec une caméra cachée. Après la diffusion de ce reportage, il est menacé de mort par les milieux intégristes. Il doit fuir son pays. Il se réfugie en France, où il obtient l’asile

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L’enfant face à la séparation des parents. Une solution, la résidence alternée

NEYRAND Gérard, La Découverte, 2009, 266 p.

Publié en 1994, l’ouvrage de Gérard Neyrand n’a cessé d’être réédité, en 2001, 2004 et 2009. Et pour cause : c’est la seule étude sociologique existante sur l’application de la résidence alternée. Le point de vue des parents et celui des juges des affaires familiales y sont largement développés. Si les premiers expriment une satisfaction quasiment unanime, les seconds manifestent majoritairement leur hostilité. Logique, puisque leur avis a été recueilli à une époque où cette solution n’était pas

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Les animateurs face à l’intégrisme religieux et à l’oppression des femmes

BARRACA Pierre, BRIFFAUT Amandine, COGEZ Anne-Gaëlle, DELMAIRE Danielle, FAÏZA, MESSAD Malika, L’Harmattan, 2009, 268 p.

Cet ouvrage collectif nous livre un certain nombre de témoignages, ainsi que des prises de positions exprimées lors d’une table ronde réunissant formateurs et professionnels. Le livre débute par le long récit de Faïza décrivant le sort réservé aux femmes dans sa famille. Conditionnées à se soumettre et à servir l’homme depuis leur naissance, elles ne mangent jamais à leur table, devant toujours être à leur disposition

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Jésus était-il fou?

JOI Frédéric, éditions Max Milo, 2010, 216 p.

Le christianisme au risque de la psychanalyse, tel pourrait être le sous-titre de l’ouvrage de Frédéric Joi. La première partie de son travail est consacrée à une interprétation de la personnalité de Jésus, s’appuyant sur l’éclairage des connaissances contemporaines, en matière de folie. Il est vrai qu’on ne s’est jamais penché sur la santé mentale de cet homme qui, il y a 2.000 ans, prétendit être le « fils de Dieu », toute chose qui aujourd’hui justifierait un traitement psychiatrique. L’auteur

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Soutenir et contrôler les parents. Le dispositif de parentalité

NEYRAND Gérard, érès, 2011, 171 p.

Voilà un ouvrage essentiel à lire, si l’on veut comprendre l’évolution des problématiques familiales contemporaines. Gérard Neyrand commence par rappeler la montée de la figure de l’individu corrélées à l’évolution des valeurs néo-libérables et ses conséquences sur les mutations vécues par le couple. L’importance grandissante des unions libres, la création du PACS, l’accroissement des séparations conjugales, l’augmentation du nombre de familles monoparentales ou recomposées … le rapport à l’enfant ne peut

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L’avenir du juge des enfants. Éduquer ou punir?

BASTARD Benoît et MOUHANNA Christian, érès, 2010, 238 p.

Les juges de enfants ont toujours constitué un groupe marginal dans la magistrature, jouant un rôle tout autant social que judiciaire, éducatif que répressif. Autant, ils représentèrent longtemps le symbole d’une justice humaniste et positive, progressiste et innovante, autant depuis quelques années, ils sont devenus la cible des critiques les plus acerbes, stigmatisant leur prétendu laxisme face à une délinquance des mineurs qui aurait changé. On leur demande de répondre avec rapidité

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Les jeunes et la loi. Nouvelles transgressions? Nouvelles pratiques

ABDELLAOUI Sid (sous la direction), L’Harmattan, 2010, 217 p.

Il est fréquent d’affirmer que la délinquance des mineurs aurait changé : plus précoce, plus agressive, plus gratuite qu’auparavant. Ce qui justifie le retour à l’enfermement et à la répression, mais aussi à la tentation du dépistage préventif. Pendant longtemps, le modèle protectionnel guida les politiques publiques. La cause de l’infraction était plus importante que sa nature juridique : l’infraction n’était pas considérée comme un acte posé par un sujet, mais comme le symptôme

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Les enfants de la République. L’intégration des jeunes de1789 à nos jours

JABLONKA Ivan, Le Seuil, 2010, 357 p.

Comprendre le regard stigmatisant porté aujourd’hui sur des jeunes de cité transformés en ennemis intérieurs et affublés de tous les méfaits, nécessite de jeter un regard rétrospectif sur la façon dont l’enfance abandonnée et délinquante est devenue une affaire d’État. C’est ce que nous propose Ivan Jablonka, en remontant à la Révolution, période à partir de laquelle, ces enfants n’ont plus été perçus comme un danger, mais comme en danger et ont été pris en charge, à ce titre, par la nation. Leur

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Les jeunes français ont-ils raison d’avoir peur?

GALLAND Olivier, Armand Colin, 2010, 160 p.

Alors que la jeunesse possède le privilège d’envisager l’avenir avec optimisme, celle de notre pays se caractérise par un profond pessimisme, tant sur son devenir personnel que sur celui de la société. Seulement un quart des jeunes français s’imaginent des lendemains prometteurs, contre 60% des jeunes danois, par exemple. Cette situation est le produit d’un ensemble de facteurs subjectifs et objectifs. Olivier Galland nous aide à mieux en comprendre les tenants et les aboutissants. Certes

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