Les publications en sciences humaines sont nombreuses et d’une richesse impressionnante.La lecture de centaines d’ouvrages a constitué, à chaque fois, un moment de plaisir et de grande satisfaction intellectuelle. J'espère que l’internaute trouve dans ces critiques l’envie de se plonger, à son tour, dans ces livres

La protection de l’enfance : gestion de l’incertitude et du risque. Recherches empiriques et regards de terrain

VOL Peter & all, Ed. IES, 2010, 264 p.

Voilà un ouvrage publié par la maison d’édition de la « Haute école de travail social » de Genève, qui mérite tout à fait le détour. Écrit à deux voix, celle de chercheurs et celle de praticiens de terrain, il nous donne à penser sur un dispositif de protection de l’enfance, qui pour être marqué du sceau de la spécificité de l’organisation cantonale suisse, n’en rejoint pas moins des préoccupations que l’on retrouve dans les autres pays. Le constat est commun, quelles que soient les dispositions

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Enfants, adolescents maltraités-maltraitants. Comment peuvent-ils s’en sortir?

TISON Brigitte, Chronique Sociale, 2011, 206 p.

Brigitte Tison a décidé de relever un défi bien ambitieux : proposer des repères essentiels dans la problématique de la maltraitance. Et, elle s’en sort fort bien. Elle a réussi à éviter le risque d’être à la fois superficielle (en ne faisant que survoler la question) et désincarnée (en en parlant d’une manière abstraite, par trop détachée). Tout au contraire, son propos est documenté et charpenté théoriquement et se fonde sur une expérience clinique qui transparaît à travers les nombreuses

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Malaise dans la relation. Des sentiments dans le travail social

SCHMITT Guy (sous la direction), Le Sociographe n°36, septembre 2011, 128 p.

Il est de coutume de considérer que la valeur économique accordée à une activité professionnelle serait inversement proportionnelle aux sentiments qui lui sont attachés. On ne travaillerait bien que dans une relation désaffectivée à l’autre, débarrassée de toutes les émotions parasites. Or, ce sont ces mêmes sentiments à l’égard d’autrui qui constituent le soubassement de toute relation d’aide. Ce paradoxe est au cœur du malaise des professions sociales. On ne peut

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Vieillir vieux, vieillir mieux? Réenchantement et créativité

HARDY Laurence (sous la direction), Le Sociographe n°35, mai 2011, 128 p.

Le « vieux » est devenu une figure repoussoir, une catégorisation par exclusion qui privilégie le prisme de la démence, de la perte progressive d’autonomie et de la dépendance. Sans compter la notion de déficit : il est cet Autre soupçonné de puiser dans des ressources qui ne sont pas inépuisables (revenus, habitat, espaces de circulation). Mieux vaut parler de vieillissement, ce qui permet d’aborder ce double mécanisme concernant tout un chacun : on est toujours le

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Ethnographie d’un parcours adolescent. Une jeunesse entre béton et bitume (Tome 1)

LE REST Pascal, L’Harmattan, 2010, 214 p.

« Toutes les grandes personnes ont d'abord été des enfants, mais peu d'entre elles s'en souviennent » écrivait Antoine de Saint-Exupéry, dans la préface de son célèbre livre Le Petit Prince. Pascal Le Rest est de ceux qui ont échappé à cette amnésie. Le récit qu’il nous propose n’est pas seulement une plongée dans l’époque de sa propre adolescence que les cinquantenaires liront avec une nostalgie certaine. Il est aussi une tentative fort réussie d’identifier ce qui est transversal à toutes les

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Ethnographie d’un parcours adolescent. Banlieue sud et le 17ème printemps (Tome 2)

LE REST Pascal, L’Harmattan, 2010, 214 p.

Le second tome du récit de Pascal Le Rest n’est pas la suite du premier, puisqu’il se situe chronologiquement dans la période qui le précède. Autant « une jeunesse entre béton et bitume » décrivait l’entrée dans l’âge adulte, autant « banlieue sud » évoque les années adolescentes. Aller de troquet en troquet, massacrer les flippers, découvrir les joies de l’ivresse, chahuter les profs, défier la mort sur sa mobylette, ses premiers flirts etc. Tout y est. On rit beaucoup. On s’attendrit parfois. On

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Projet éducatif et famille. Comment faire participer la famille

GRANVAL Daniel, L’Harmattan, 2010, 221 p.

Les projets individualisés ont été généralisés, dans le sillage de la loi de 2002. Pour autant, nous explique Daniel Granval, la formation des professionnels en la matière laisse à désirer, y compris chez ceux qui sont frais émoulus des écoles d’éducateurs. Si l’on rajoute la dégradation de la situation générale, la complexité du travail des éducateurs spécialisés s’en trouve décuplé. Pour l’auteur, les MECS et foyers d’adolescents accueillent de plus en plus de populations autrefois prises en charge

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Autorité et démocratie. La Maison d’enfants à caractère social

BOLLUT Stéphane, L’Harmattan, 2010, 234 p.

On a coutume d’affirmer que les Maisons d’enfants à caractère social seraient en crise de légitimité. Stéphane Bollut affirme ici qu’il s’agit d’une problématique bien plus complexe et globale et que les difficultés des MECS ne sont que l’expression d’une anomie sociétale bien plus systémique. Ces établissements, créés par des associations souvent confessionnelles (catholiques à l’ouest, protestantes à l’est), sont les héritiers non des colonies pénitentiaires ou des maisons de correction, mais bien

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Restaurer l’empathie chez les mineurs délinquants

ZANNA Omar, Dunod, 2010, 278 p.

Voilà un travail de criminologie passionnant, solidement argumenté, théoriquement étayé et expérimentalement vérifié. Si l’hypothèse d’Omar Zanna a pu être interprétée comme une exhortation au dolorisme, c’est que ses détracteurs n’ont rien compris à sa recherche. Le raisonnement de base est simple. Pour devenir un être social, l’enfant doit apprendre à supporter le manque. Notre société, en plaçant au cœur de l’existence, la quête du plaisir et du bonheur ne l’aide pas à faire le deuil d’un fonctionnement basé

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Pour qu’ils s’en sortent! Comment intervenir efficacement auprès des jeunes délinquants

BORN Michel, De Boeck, 2011, 164 p.

L’enfermement et le placement résidentiel n’ont pas démontré leur efficacité dans l’accompagnement des mineurs délinquants, car ils produisent des effets pervers iatrogènes contre-productifs. Ce n’est pas une affirmation gratuite de la part de Michel Born. C’est le résultat d’études récurrentes dont le monde anglo-saxon est friand, mais que nous ignorons quasi totalement dans notre pays. Toute la réflexion que nous propose l’auteur s’abreuve aux recherches réalisées soit par des universitaires, soit par des

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