Les publications en sciences humaines sont nombreuses et d’une richesse impressionnante.La lecture de centaines d’ouvrages a constitué, à chaque fois, un moment de plaisir et de grande satisfaction intellectuelle. J'espère que l’internaute trouve dans ces critiques l’envie de se plonger, à son tour, dans ces livres

Des enfants sans toi et moi

Françoise PAROT et Ephraïm TEITELBAUM, Flammarion, 2002, 220p.

Les récits ethnologiques décrivent des pratiques très diversifiées dans l’histoire de l’humanité : mariage avec un bébé ou père devenant le frère de leur fils lorsque ce dernier est adopté par son propre père. A cette aune, les évolutions récentes de notre société n’ont rien d’invraisemblables : autorisation du diagnostic pré-implantatoire, pacs, légalisation dans certains pays du mariage et de l’adoption pour les couples homosexuels. Mais tous les changements, quand ils ont eu

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La protection sociale sous le régime de Vichy

Sous la direction de Philippe-Jean HESSE & Jean-Pierre LE CROM, Presse universitaire de Rennes, 2001, 382 p.

On connaissait déjà la dette que l’éducation spécialisée pouvait avoir à l’égard du régime Vichy. Voilà un ouvrage qui vient éclairer d’une façon très étonnante l’héritage tout aussi douteux que peut avoir le système de protection sociale de notre pays. En 1928 et 1930, la France se dote, cinquante ans après l’Allemagne et vingt cinq ans après la Grande Bretagne, d’une d’assurance sociale couvrant le risque maladie. En 1945, le

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Alternatives au sécuritarisme en éducation

Association Intermèdes, édition Jeunesse et droit, 2002, 117 p.

Trop souvent, la formation de l’individu ne se fonde que sur des méthodes autoritaires (soumission, contraintes, sanctions...). L’enfant se trouve ainsi réduit au rôle d’élève obéissant, pratiquement jamais consulté ni responsabilisé et qui se découvre citoyen le jour de ses 18 ans, sans aucune expérience préalable en matière ni de participation, ni de prise d’initiatives. Le ton de l’ouvrage est donné : il s’agit des actes du colloque organisé le 5 juin 2002 par l’association

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Sociologie de la délinquance et de la justice pénale

Jacques FAGET, érès-Jeunesse et droit, 2002, 152 p.

Pendant longtemps, les sciences humaines restèrent bridées par le dogme catholique et la censure politique. C’est encore plus vrai pour la sociologie criminelle qui mit bien du temps à se détacher de la peur et de la fascination qu’inspire le crime et à trouver une approche objective. C’est Durkheim qui en pose les bases : « il ne faut pas dire qu’un acte froisse la conscience commune parce qu’il est criminel, mais qu’il est criminel parce qu’il froisse la conscience commune. Nous ne le

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Eduquer et soigner l’enfant psychotique

Alain ROUBY, Dunod, 2002, 162 p.

Un vrai régal ce premier livre d’Alain Rouby. L’auteur y cumule toute une série de talents. Celui du pédagogue, tout d’abord, capable de manier avec dextérité la présentation de concepts théoriques et les mises en situation qui s’alimentent réciproquement. Celui de l’écriture ensuite articulant une plume légère et efficace et une mise en récit de l’accompagnement quotidien d’une population en difficulté. Celui d’un praticien de terrain enfin, qui sait de quoi il parle et qui en parle fort bien, combinant

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La libération des enfants - Contribution philosophique à une histoire de l’enfance

Alain RENAUT, Calmann Levy, 2002, 400 p.

« Jamais sans doute les relations au monde de l’enfance n’ont été aussi complexes qu’aujourd’hui » (p.7) commence d’emblée l’auteur dont l’ambition est de retracer l’histoire des représentations de l’enfance et de leur transformation. C’est que l’enfant est à la fois identique aux plus âgés, tout en étant différent d’eux. Dans l’ancienne société, les âges étaient divisés en sept catégories correspondant aux sept planètes alors connues. L’éducation consistait surtout en une initiation devant permettre à

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Le jeune délinquant

Sous la direction de François MARTY, Payot, 2002, 365 p.

Comment parlait-on de la délinquance juvénile, il y a de cela cinquante ans ? François Marty nous propose ici sept textes de psychanalystes. Certains d’entre eux analysaient cette réalité comme le produit, avant tout, d’une perversion à caractère anti-social. Ainsi, Fritz Wittels (1880-1950) de relier le vol à l’attente désespérée du lait de la mère ou la kleptomanie à une forme indirecte de la masturbation ou encore attribuant le crime à un ancrage au stade phallique (sic). D’autres

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Dans l’enfer des tournantes

Samira BELLIL, Denoël, 1992, 282 p.

Derrière un titre un rien aguicheur, on lira ce témoignage d’une très grande force qui nous livre le terrible parcours d’une jeune femme que tout destinait à plonger. Samira naît dans une famille où il est de tradition de faire comprendre la volonté des adultes à coups de taloches et à coups de poing. Son enfance est émaillée des crises d’un père la réveillant en pleine nuit, à coup de pied dans le ventre et la mettant à la porte, l’obligeant à attendre le petit jour à l’extérieur du domicile familial. A

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Mike contre-attaque ! Bienvenue aux Etats stupides d’Amérique

Michael MOORE, La Découverte, 2002, 232 p.

L’anti-américanisme est en progression constante à travers le monde. Ce mouvement de fond est proportionnel à la politique d’une nation qui est tout particulièrement marquée par l’égoïsme, le cynisme et la toute puissance insolente. Egoïsme quand elle oblige son industrie pharmaceutique à produire à prix coûtant des médicaments pour faire face à un début d’épidémie du charbon qui s’avère n’avoir concerné que moins d’une dizaine de ses concitoyens, mais qui s’oppose à la vente à bas prix de

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Changements dans la violence. Essai sur la bienveillance universelle et la peur

Yves MICHAUD, Odile Jacob, 2002, 290 p.

La violence n’est pas nouvelle : elle a toujours accompagné les hommes. Elle est même consubstantielle à leur histoire, leur technique et leur culture. Il y a en l’homme de la noirceur : celle de la cruauté et de la sauvagerie, celle du plaisir pris au meurtre et à la douleur d’autrui, celle plus hypocrite de la fascination pour le spectacle de la violence. Mais toutes ces considérations importent peu à celui qui vit au milieu des trafics de dealers, des bagarres entre bandes et des agressions : il se

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