Livres
Les descendants d’immigrés
SANTELLI Emmanuelle, Ed. La Découverte, 2016, 125 p.
Les descendants d’immigrés sont accusés de tous les maux : ils seraient responsables tout à la fois de la baisse du niveau scolaire, de l’insécurité, du terrorisme, de la délinquance et de l’intégrisme religieux. Enfermés dans la figure de l’assisté, du sauvageon ou de la racaille, leur capacité à s’intégrer serait invalidée du fait de l’incompatibilité de leur religion avec la démocratie. L’analyse de la réalité objective que nous propose Emmanuelle Santelli permet d’évacuer toute une
Être à sa place. Parcours d’enfants placés devenus grands
LEMARE Pascale, Ed. L’Harmattan, 2018, 231 p.
Peu de travailleurs sociaux savent ce que sont devenus les enfants qu’ils ont accompagnés. Ceux qui reviennent vers eux le font rarement par rancœur ou désir de régler leurs comptes. Peut-être, parce que seuls ceux qui ont réussi leur vie osent le faire. Voilà, en tout cas, un livre qui apporte un éclairage bienvenu à travers les témoignages de vingt-trois anciens enfants placés entre 1960 et 2017, ainsi que ceux de professionnels ayant travaillé en protection de l’enfance depuis 1980. Une
Le massacre des innocents. Les oubliés de la République
CRÉOFF Michel, LABORDE Françoise, Ed. Independently published, 2018, 173 p.
L’une est journaliste. L’autre, ancienne inspectrice à l’enfance, est vice présidente du Conseil national de la protection de l’enfance. C’est un coup de colère qu’elles poussent face à un constat révoltant. En France, chaque jour, deux enfants sont tués dans le secret du cercle familial et un enfant est violé chaque heure. Chaque année, 73.000 enfants sont victimes de violence. La société n’est certes pas inerte face à ce terrible constat, puisque l’Aide sociale à
Quand j’étais petit, on m’a retiré de ma famille
CARDOUX Pierre et DOMANGE Claude (sous la direction), Ed. EHESP, 2018, 223 p.
Tant de livres de sciences humaines parlent d’eux. Pour une fois qu’on leur donne la parole, ils la prennent en racontant leur vécu. Ils ont toutes et tous eu à bénéficier ou à pâtir d’un placement venu interférer dans leur histoire familiale et intime, entraînant un soulagement ou une souffrance. Pour autant, leur témoignage est plein d’espoir : ce n’est pas parce qu’ils ont été retirés de leur famille qu’ils ne s’en sortent pas. Bien au contraire. C’est Marie qui
Brisures. Abécédaire au pays de l’enfance en danger
LEROY Marie-Thérèse, Ed. L’Harmattan, 2018, 127 p.
Travaillant d’abord comme éducatrice, puis comme directrice d’un service d’investigation et d’orientation, Marie-Thérèse Leroy a fini par partir en retraite. Dix ans ont passé avant qu’elle ne se décide à dresser vingt six portraits d’enfants et de familles égrenés comme illustration de la diversité des situations, en protection de l’enfance. C’est Dalila, enceinte de 13 ans, seule dans l’appartement de son père dont elle a vendu tous les meubles, pour se nourrir. C’est Fouzi faisant
Paroles de Sourds. À la découverte d’une autre culture
BELISSEN Patrick, Ed. La découverte, 2018, 271 p.
Comment ne pas être sensible à l’amertume et à la révolte de ces six témoins Sourds qui décrivent, à travers le récit de leur vie, l’ostracisme qu’ils ont subi pendant tant d’années de la part du monde des entendants ? Tout commence avec le congrès de Milan décrétant en 1880 que l’expression verbale doit être la seule règle et qui bannit en conséquence tout usage de la langue des signes, mise au point par l’Abbé de l’Épée. La tyrannie des médecins et des rééducateurs oralistes s’imposera
Le handicap et ses empreintes culturelles. Variations anthropologiques (3)
GARDOU Charles (sous la direction), Ed. érès, 2017, 322 p.
L’imaginaire a toujours permis de penser ce qui semblait excéder la raison. Chaque culture a élaboré des scénarios venant donner du sens à l’imperfection humaine : ici la colère des Dieux, l’action de génies, d’esprits maléfiques ou d’ancêtres malveillants ; là, le résultat de la transgression d’un tabou, d’une impureté ou d’un acte de sorcellerie. La vingtaine de chercheurs réunis par Charles Gardou nous propose un tour du monde des croyances, mythes et superstitions que chaque
Le handicap dans notre imaginaire culturel. Variations anthropologiques (2)
GARDOU Charles (sous la direction), Ed. érès, 2015, 361 p.
Les concepts, catégories et schémas de pensée, les discours savants, professionnels ou profanes portant sur la fragilité humaine, la part de l’irrationnel ou du sacré, les conceptions du normal et de l’anormal, les croyances et vérités admises dans les systèmes explicatifs sur le handicap… n’existent pas hors sol culturel et historique. Les treize chercheurs, sollicités par Charles Gardou, l’illustrent à travers un voyage effectué aux quatre coins de notre pays. Dans les monts du
Nos intelligences multiples. Le bonheur d’être différent
SCHOVANEK Josef, Ed. de L’observatoire, 2018, 187 p.
L’auteur dresse ici un acte d’accusation contre une société obnubilée par la quête de l’isotropie au détriment de l’hétérogénéité et de la standardisation au préjudice de la diversité. Avec, pour commencer l’assimilation des nombreuses intelligences à sa seule forme linguistique, puis mathématique. Mais aussi de cette diversité linguistique qui ne cesse de se réduire d’année en année, comme peau de chagrin. Naguère, l’humanité disposait d’une foule de divinités, chaque être humain trouvant
Derrière les murs: surveiller, punir, réinsérer? La place du travail social en prison
OLIVIER Charline, Ed. érès, 2018, 244 p
Après dix années comme assistante sociale de secteur et deux au sein d’une gendarmerie auprès des victimes, Charline Olivier est recrutée par l’administration pénitentiaire. Le recentrage des conseillers d’insertion et de probation vers la criminologie et la prévention de la récidive a fait émerger la nécessité d’une relation d’aide et d’accompagnement, entraînant l’embauche de travailleurs sociaux et de psychologues. De fait, en cas d’incarcération, tout détenu doit faire face à une somme de démarches