Livres
Probation, insertion. Les deux axes d’une politique ambitieuse de prévention de la récidive
DANIEL Christian, Ed. L’Harmattan, 2017, 235 p.
Serait-ce là le testament de ce véritable dinosaure de l’administration pénitentiaire, que fut Christian Daniel, entré comme éducateur en 1978 et devenu directeur départemental du service pénitentiaire d’insertion et de probation en 1999 ? Aujourd’hui en retraite, on pourrait penser que sa parole se libère. Pourtant, il ne fait ici que reprendre ce qu’il a toujours défendu : privilégier et amplifier les mesures d’aménagement de peines trop peu utilisées (semi-liberté, placement extérieur
Dans une prison de femmes
ROME Isabelle, Ed. Enrick B. 2018, 168 p.
Avec moins de 4 % du total des détenus en France, les femmes ne font guère parler d’elles, les agressions et violences étant plutôt exceptionnelles dans leurs quartiers. Raison de plus pour donner un coup de projecteur sur leurs conditions de détention. C’est ce que nous propose Isabelle Rome, Présidente de Cour d’assises après avoir été, à 23 ans, la plus jeune juge d’application des peines. Elle s’est immergée pendant une année au coeur de la maison d’arrêt de Versailles, pour aller à la rencontre
Derrière les murs: surveiller, punir, réinsérer? La place du travail social en prison
OLIVIER Charline, Ed. érès, 2018, 244 p
Après dix années comme assistante sociale de secteur et deux au sein d’une gendarmerie auprès des victimes, Charline Olivier est recrutée par l’administration pénitentiaire. Le recentrage des conseillers d’insertion et de probation vers la criminologie et la prévention de la récidive a fait émerger la nécessité d’une relation d’aide et d’accompagnement, entraînant l’embauche de travailleurs sociaux et de psychologues. De fait, en cas d’incarcération, tout détenu doit faire face à une somme de démarches
Des rencontres bien innocentes
Regis Granier, Ed. La Brochure, 2017, 88 p.
Le quotidien des travailleurs sociaux mêle des petits riens propices à la relation et aux liens qui se tissent, avec ces moments qui déstabilisent et insécurisent l’intervention. C’est plutôt sur ce second registre que nous entraîne Régis Granier. Il a choisi de nous décrire certaines de ces situations extrêmes, de ces passions vives et de ces épisodes inattendus qu’il a rencontrés au cours de ses 43 ans de carrière professionnelle. C’est cette jeune femme atteinte de psychose qui est persuadée que
Oubliez tout ce que vous savez sur les assistantes sociales. Saison 1
KOWACZUK Stella, Ed. Chapitre.com, 2018, 273 p.
Mais en quoi consiste donc le métier d’assistante sociale ? Le lecteur qui voudrait trouver une réponse possible, sans tomber dans l’étude de cas rébarbative ou dans une présentation technique, froide et impersonnelle doit lire ce livre de Stella Kowaczuk. Tout au long de ce récit, on rit beaucoup, on s’émeut parfois, on s’indigne souvent. L’art et la manière de faire passer une réalité au plus près du vécu quotidien, sans ne jamais faire naître l’ennui est déployé ici avec une grande maestria
La Chabraque : l’effet cheval pour aider à grandir. Ombres d’ados et lieu de rêves
ARDON Patrick et Marie-France, Ed. érès, 2018, 226 p.
Prenez deux thérapeutes imprégnés des idéaux de Deligny qui créent un lieu de vie avec leurs enfants et quelques psychotiques. Nous sommes en 1975, en Aveyron. Le procureur de Rodez leur intente un procès pour placement illégal d’enfants. Les juges compréhensifs demandent aux services sociaux de légaliser le projet. Cela fait plus de quarante ans que cette structure atypique reçoit des autistes, très vite remplacés par des jeunes dits « cas sociaux ». Mal dans ses baskets généralement
Être directrice d’un établissement médico-social
HENKE Audrenne, Ed. L’Harmattan, 2018, 164 p.
Avec un tel titre, on pourrait s’attendre à un écrit décrivant des fonctions opérationnelles de gestion de budget et de réponses aux injonctions des administrations de tutelle. Ce n’est pas le genre de l’auteur. Éducatrice spécialisée pendant vingt ans, Audrenne Henke l’est restée de la pointe des cheveux jusqu’au bout de doigts ! Jonglant entre des situations cliniques concrètes qu’elle gère au quotidien et les références à Ricoeur, Autès, Camus, Castoriadis, Levi-Strauss, Mauss ou encore Kant
Happycratie. Comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle nos vies
CABANAS Edgar et ILLOUZ Eva, Ed. Premier Parallèle, 2018, 272 p.
Voilà une charge sans concession contre une psychologie positive accusée de s’appuyer sur des postulats sans fondements, des incohérences théoriques, des insuffisances méthodologiques, des résultats non prouvés et des généralisations ethnocentriques et abusives. Bigre : la voilà habillée pour l’hiver ! Cette nouvelle science du bonheur fait la promotion de la personne individualiste fidèle à elle-même, résiliente, capable d’initiative et d’épanouissement personnel, optimiste et
Action sociale et empowerment
VALLERIE Bernard, Ed. P.U.G., 2018, 79 p.
Le travail social ne se définit pas comme une action menée sur autrui, mais avec lui, rappelle d’emblée Bernard Vallerie. Son ouvrage synthétise le concept d’empowerment source de tant de polémiques, déclenchant autant d’enthousiasme chez les uns que de défiance chez d’autres. S’il ne s’agit pas de renverser le pouvoir établi, il est encore moins question d’une injonction faite à l’usager d’une autonomie qui le contraindrait à se débrouiller tout seul. La réappropriation du pouvoir d’agir n’implique
Oser l’ISIC. Pour un espace de liberté et de créativité
KOWALCZUK Sylvie, Ed. EHESP, 2018, 138 p.
Les travailleurs sociaux subissent de plus en plus de procédures, de protocoles et d’injonctions. Ils sont confrontés à l’urgence et aux délais à respecter. Ils sont trop souvent contraints de remplir des formulaires et de cocher des cases. Leur sentiment d’être réduits à de simples exécutants est source de frustration. Du côté de usagers, les actions d’insertion subies et le formatage des réponses qu’ils reçoivent leur font mesurer le décalage avec leurs aspirations les plus profondes. Aux uns et aux