Livres
Récits de «sans histoires». Chroniques d’un travailleur social ordinaire
GARNIER Fabrice, Ed. EdiLivre, 2015
Cela faisait longtemps, sans doute, que Fabrice Garnier avait envie de se lâcher. Ça y est : c’est fait ! Son ouvrage joue sûrement pour lui un rôle cathartique. Pour le lecteur, la première surprise une fois passée, le plaisir pourrait bien l’emporter sur l’indignation. Convaincu de la mission de sauvetage du genre humain confié au genti’z’éducateur s’occupant de pôôôôvres personnes en détresse, il s’indignera du cynisme de l’auteur qu’il trouvera à coup sûr déplacé. Mais, celui qui n’a aucune illusion
Jusqu’à la moelle! Le roman d’un éducateur
GARCIA Enrique, Ed. L’Harmattan, 2014, 248 p.
Jan travaille comme éducateur spécialisé dans un service de milieu ouvert. Il est confronté à des situations de protection de l’enfance. Quel noble métier que celui visant à venir en aide aux enfants et à leur famille ! Pourtant, tout ne se passe pas comme on pourrait s’y attendre. A travers toutes une série de portraits au vitriol, l’auteur décrit l’envers du décor. Une chef de service pleutre, bien plus préoccupée par sa carrière que par la défense des intérêts des usagers. Un psychologue
Le guerrier immobile ou la métamorphose de l’homme blessé
BESSE SAIGUE Bertrand, Ed. érès, 2014, 167 p.
La réédition de ce livre publié initialement en 1993 est un vrai bonheur. Quand tant s’autorisent, souvent avec talent, à évoquer le handicap, sans le connaître eux-mêmes, voilà un auteur qui parle de ce qu’il vit. Victime d’un accident de voiture lui ayant endommagé la moelle épinière, Bertrand Besse Saigue décrit la renaissance qui lui a permis de réapprendre à vivre et oser être à sa nouvelle vie. Il n’est pas donné à tout le monde de devenir journaliste-reporter d’un évènement vécu de
Le corps accidenté. Bouleversements identitaires et reconstruction de soi
TESSIER Peggi, Ed. PUF, 2014, 282 p.
Le handicap acquis s’accompagne d’une perte d’estime de soi liée à la difficile acceptation de sa nouvelle apparence, la plupart des personnes valides pensant qu’une vie invalide n’est pas digne d’être vécue et qu’en cas d’accident, il vaut mieux mourir que de vivre paralysé. Pour autant, l’expérience que chacun fait du bouleversement identitaire qui suit la désolidarisation vis-à-vis du corps transformé, est propre à chacun explique Peggi Tessier. Vient d’abord une phase de déni face à une réalité
Nos points faibles sont nos meilleurs atouts
GLADWELL Malcolm, Ed. Flammarion, 2014, 279 p.
Dans son style inimitable, mélange à la fois de récits insolites et de références fort bien documentées, Malcolm Gladwell nous propose une fois de plus une démonstration lumineuse, s’attachant cette fois-ci à illustrer une thèse qui lui tient à cœur : ce ne sont pas toujours les avantages qui produisent les plus belles réussites. A travers une multitude d’exemples qui nous font voyager de l’histoire mythique de David et Goliath aux bombardements allemands sur Londres, en passant par les écoles
Éloge de l’insuffisance. Les configurations sociales de la vulnérabilité
BARREYRE Jean-Yves, Ed. érès, 2014, 279 p.
Si la question sociale portant sur les laissés pour compte de la société industrielle a constitué la problématique centrale du 19ème siècle, la question médico-sociale aura été la préoccupation principale du siècle suivant. Les milliers de mutilés de la première guerre mondiale et la mobilisation, après la seconde, des grandes associations de parents d’enfants porteurs de handicap y auront largement contribué. Tournant le dos à la philosophie utilitariste qui mesure le degré d’appartenance de chaque
Un faux boulot
LE CIL VERT, Ed. Delcourt, 2015, 128 p.
Le « faux boulot », c’est ce travail d’animateur et de responsable séjours de vacances pour adultes porteurs de handicap mental et moteur qu’a occupé l’auteur à sept occasions, durant cinq étés et deux hivers. C’est sa mère qui ne cesse de lui demander quand il trouvera un « vrai travail », son activité d’alors n’ayant guère de légitimité dans une famille de prolos. Pourtant, tout au long de cette bande dessinée où se mêlent un réalisme sans fard et un humour ravageur, on ne peut douter de
Une frontière
FAVARO Patrice, Ed. Le Muscadier, 2015, 149 p.
Comment parler de l’absurdité de la guerre à des adolescents ? Patrice Favaro réussit fort bien à le faire, en nous plongeant dans cette amitié qui relie deux garçons de 13 ans, Sâr et Nôr, que tout rapproche, sauf la religion de leur famille : l’une rend hommage au soleil et l’autre à la lune. La partition du pays a vu se regrouper les populations au sein de deux nations rivales dont la quête de distinction est proportionnelle à leur profonde similitude : le Souryastan et le Chandrastan. La
Du sable entre tes doigts
FAVARO Patrice, Ed. Le Muscadier, 2015, 87 p.
Jordan vivait heureux avec ses parents. Un agent véreux a convaincu son père de contracter un crédit immobilier. Les taux d’intérêts ont explosé, obligeant sa famille à vendre sa maison. Ses parents se sont séparés. Il vit aujourd’hui avec sa mère dans une voiture. Ils sont devenus des « vehicular-homeless », ces sans logis véhiculés qui errent de parking en parking. S’ils sont acceptés, ils pourront se parquer de 19h00 à 7h00, mais seulement pour une période de deux mois non renouvelable. Seul
Catalogue de parents pour enfants qui veulent en changer
PONTI Claude, Ed. L’Ecole des Loisirs, 2015, 24 p.
Et si les enfants pouvaient changer de parents ? Il ne s’agit pas d’une variation sur la conjecture du roman familial conçue par les psychanalystes, mais d’un catalogue autant hilarant que réjouissant sur les différents modèles à choisir. Il est ainsi possible d’opter pour les Aventuriers, volontiers explorateurs de pays inconnus, ne s’arrêtant de visiter que lorsqu’ils sont fatigués. Il y a aussi les Confortables, véritables fauteuils-lits vivants protégeant contre tout ce qui pique, cogne