L’idée même de richesse

CAILLÉ Alain, Ed. La découverte, 2012, 143 p.

L’idéal qui régit notre monde est celui de la richesse, sans que l’on sache toujours bien comment la définir. Son identification est assez systématiquement réduite étroitement au champ monétaire : est riche celui qui possède beaucoup d’argent. On n’y intègre jamais ni le bien-être vécu, ni la qualité des relations humaines ou la santé, pas plus que la vertu écologique, la correction politique, le goût de l’innovation ou la créativité etc… Seule leur traduction consumériste en termes d’efficacité

En lire plus

Les enjeux hybrides de l’économie sociale et solidaire. De la reconnaissance d’un tiers secteur

COURTOIS Laurent (sous la direction), Le Sociographe hors série 5/2012, Ed. Champ Social, 311 p.

Vouloir faire de l’entreprise autre chose qu’une machine à gagner de l’argent : voilà l’ambition de l’économie sociale et solidaire qui revendique de placer l’être humain au coeur de ses préoccupations, favorisant le processus démocratique de gestion et une finalité reliée à ses membres ou aux intérêts de la collectivité. La démarche n’est pas nouvelle, coopératives, mutuelles, associations existant depuis le 19ème siècle. Mais, son essor a pris

En lire plus

L’envers de la "fraude sociale". Le scandale du non-recours aux droits sociaux

Observatoire des non-recours aux droits et services, Ed. La Découverte, 2012, 210 p.

Que n’a-t-on entendu sur ces pauvres profitant des aides sociales, ces allocations pesant sur l’économie, cette fraude sociale grevant les comptes sociaux, cet assistanat gangrenant notre société. Aucun discours n’était assez dur pour stigmatiser les plus fragiles, coupables de bénéficier de la redistribution des revenus. Et puis, voilà le travail remarquable d’un groupe de chercheurs qui nous démontre que non seulement les pauvres ne coûtent pas à la

En lire plus

Travail et précarité. Les "working poor" en Europe

LESTRADE Brigitte (sous la direction), Ed. L’harmattan, 2011, 267 p.

Il fut un temps où l’ambition de pouvoir compter sur le salaire perçu pour être à l’abri durablement, voire définitivement, des besoins vitaux était réaliste. Surtout, quand l’assurance chômage permettait de relayer des ressources défaillantes, dans l’attente d’un nouvel emploi. Ce n’est plus le cas. Le constat fait ici par la vingtaine de chercheurs universitaires européens ayant contribué à l’ouvrage est récurrent : à travers le vieux continent, est réapparue la catégorie

En lire plus

Manifeste pour sortir du mal-être au travail

DE GAULEJAC Vincent et MERCIER Antoine, Ed. Desclée de Brouwer, 2012, 184 p.

La révolution managériale qui s’est imposée à nos sociétés, depuis les années 1980, prétendait remplacer, à l’inverse du taylorisme, la soumission passive par l’adhésion volontaire, le contrôle disciplinaire par la mobilisation personnelle et la surveillance hiérarchique par la motivation individuelle. Après trente ans d’application, le constat est clair : ce changement a été un marché de dupe, aux conséquences terrifiantes. Outre un mal-être généralisé se traduisant

En lire plus

DRH Le livre noir. Embauches, salaires, carrières… la vérité qui dérange

AMADIEU Jean-François, Seuil, 2013, 238 p.

Jean-François Amadieu, universitaire spécialiste de la gestion des ressources humaines et fondateur-dirigeant de l’observatoire des discriminations, dresse ici un tableau plutôt sombre des modalités de gestion du personnel dans notre pays. Tout commence par l’embauche. Le naïf qui imagine un recrutement basé sur une compétition à la loyale où chacun fait valoir ses atouts et ses compétences en sera pour ses frais. D’emblée, les jeux sont faussés. Dans 60% des cas de recrutement, une seule candidature

En lire plus

L’économie qu’on aime!

BARTHÉLÉMY Amandine, KELLER Sophie, SLITINE Romain, Ed. Rue de l’échiquier, 2013, 108 p.

L’économie va mal ? La croissance est en panne ? Le chômage s’accroît ? Ce petit livre a de quoi redonner de l’espoir à tout lecteur pensant qu’il y aurait là une fatalité. Il démontre avec brio que les théories néolibérales n’ont rien d’intangibles, ni d’immuables. Un entrepreneur ne peut être qu’un autocrate dominant ses salariés ou un dirigeant instrumentalisé par les actionnaires ? Faux. Il existe des patrons réinventant leur pouvoir d’agir et

En lire plus

Contre histoire du libéralisme

LOSURDO Domenico, Ed. La Découverte, 2013, 390 p.

On est parfois surpris par le cynisme et la brutalité avec lesquels le libéralisme traite les êtres humains, justifiant par exemple les licenciements boursiers par la libre concurrence, sans s’inquiéter vraiment du sort des centaines de milliers de salariés et de leurs familles jetés à la rue. Rien d’étonnant, finalement, après la lecture de cette édifiante étude sur les débuts historiques de cette école de pensée. Qu’on en juge, plutôt. Les trois nations, à l’origine de la révolution

En lire plus

Travail, les raisons de la colère

DE GAULEJAC Vincent, Éd. du Seuil, 2011, 335 p.

Le travail occupe une place centrale dans l’existence. Au-delà des ressources financières qu’il procure, il fournit un statut, une position sociale et constitue l’un des principaux facteurs d’accomplissement de soi. Mais si l’activité salariée peut privilégier l’avènement du sujet en répondant à sa quête identitaire et en assurant tant son émancipation que son épanouissement, elle peut tout autant produire son assujettissement, dès lors où elle s’accomplit dans la contrainte, la servitude ou

En lire plus

L’entreprise du XXIème siècle sera sociale (ou ne sera pas)

BORELLO Jean-Marc, BOTTOLLIER-DEPOIS François, HAZARD Nicolas, Éd. Rue de l’Echiquier, 2012, 317 p.

Voilà un ouvrage particulièrement bien construit, bien argumenté et bien écrit. Les auteurs y présentent « l’entreprise sociale », comme la synthèse de la libre entreprise, des services publics et de l’économie sociale et solidaire. L’entreprise capitaliste est, certes, source d’innovation et d’amélioration de la qualité, mais elle n’est tournée que vers l’accumulation égoïste des profits pour les seuls actionnaires. L’État providence agit dans

En lire plus