Économie / Emploi
L’entreprise du XXIème siècle sera sociale (ou ne sera pas)
BORELLO Jean-Marc, BOTTOLLIER-DEPOIS François, HAZARD Nicolas, Éd. Rue de l’Echiquier, 2012, 317 p.
Voilà un ouvrage particulièrement bien construit, bien argumenté et bien écrit. Les auteurs y présentent « l’entreprise sociale », comme la synthèse de la libre entreprise, des services publics et de l’économie sociale et solidaire. L’entreprise capitaliste est, certes, source d’innovation et d’amélioration de la qualité, mais elle n’est tournée que vers l’accumulation égoïste des profits pour les seuls actionnaires. L’État providence agit dans
Dictionnaire de l’emploi, de l’insertion et de la formation
FUCHS Vincent, Ed. Chronique Sociale, 2011, 672 p.
La mythologie grecque rapporte qu’Hercule réussit avec succès douze travaux particulièrement ardus. Réussissant avec efficacité à nettoyer les écuries d'Augias, il aurait peut-être renoncé à s’y retrouver dans le maquis des mesures d’insertion qui, au cours des décennies, se sont accumulées comme autant de couches d’un gigantesque mille feuille. Ce 13ème travail, il l’aurait sans doute confié à Vincent Fuchs. S’atteler à la présentation de centaines de dispositifs, de contrats
L’efficacité économique au service de l’intérêt général: le Livre Blanc des entrepreneurs sociaux
Collectif, Rue de l’échiquier, 2012, 54 p.
L’univers de production des biens et des services est traditionnellement divisé en deux pôles opposés : d’un côté les associations utiles et subventionnées, mais peu rentables et de l’autre les entreprises lucratives efficaces mais peu soucieuses des enjeux sociaux et environnementaux. L’économie sociale et solidaire propose une troisième voie pionnière qui, combinant performance économique et utilité sociale, répond à la crise économique, sociale et écologique qui s’est installé durablement. Comme
La voie de l’innovation sociale
Entretien avec Hugues Sibille mené par Thomas Bout, Ed. Rue de l’échiquier, 2011, 124 p.
Hugues Sibille est une figure incontournable de l’économie sociale et solidaire. Son parcours professionnel est parsemé de créations originales. Il a participé, de près ou de loin, à nombre d’innovations des trente dernières années : pépinières d’entreprises, coopératives d’activité, fabriques à initiatives, les prêts d’honneur, le micro crédit, les sociétés coopératives d’intérêt collectif. En 2007, quand il entre au cabinet de Martine Aubry, c’est pour
La fabrique de l’homme endetté. Essai sur la condition néo-libérale
LAZZARATO Maurice, Ed. Amsterdam, 2011, 124 p.
L’hypothèse centrale que nous propose Maurice Lazzarato s’appuie sur une mutation essentielle du modèle ayant structuré, jusque là, le lien social : la société ne serait plus fondée ni sur l’échange économique, ni sur l’échange symbolique, mais sur le rapport entre créancier et débiteur. Il adosse sa démonstration à un certain nombre de faits particulièrement éloquents. Si l’on observe ce qui se passe aux USA, le taux d’endettement des ménages s’y élève à 120%. Un étudiant termine son Master en
Changer d’économie ! Nos propositions pour 2012
Les économistes atterrés, Ed. Les liens qui libèrent, 2012, 246 p.
Ils sont près de 2.000 économistes à avoir décidé de rompre avec cette pensée unique en matière d’économie qui prétend nous convaincre qu’il n’y aurait pas d’autres solutions, pour faire face à la crise, que de nous serrer la ceinture. « Les économistes atterrés » publient ici leur troisième ouvrage, fruit de la collaboration de 27 d’entre eux. La lecture est simple, la démonstration est brillante et la dénonciation implacable. Voilà un livre dont la lecture apparaît non
Le temps des riches. Anatomie d’une sécession
PECH Thierry, Seuil, 2011, 178 p.
La richesse constitue à la fois un puissant idéal d’accomplissement personnel, faisant rêver ceux qui en sont dépourvus, et une scandaleuse négation de l’égalité : l’addition de la fortune de l’ensemble des millionnaires que compte le monde s’élève à 40.000 milliards de $, soit trois fois le PIB des USA et huit fois celui de la Chine. Loin de provoquer la foudre de nos gouvernants, cette classe sociale est l’objet de la plus grande prévenance, depuis que s’est imposée la théorie économique du « Trickle down
183 jours dans la barbarie ordinaire en CDD chez Pôle Emploi
BERGERON Marion, Plon, 2010, 235 p.
Voilà un récit mené avec un humour qui n’arrive pas à cacher ni l’écoeurement, ni la souffrance de son auteur. Appartenant à ces 1.840 CDD de six mois embauchés par Pôle emploi, en 2009, pour faire face à l’ampleur de la crise, Marion Bergeron nous décrit la misère et la détresse humaine, les dysfonctionnements et absurdités de son institution, l’impuissance et les épreuves endurées qu’elle a subis. Situation d’autant plus difficile à gérer, quand on n’a bénéficié d’aucune formation et qu’on arbore comme
Le travail, non merci !
DORIVAL Camille, Ed. Alternatives Economiques, 2011, 210 p.
Voilà un ouvrage bien écrit et fort bien documenté qui permet au lecteur d’entrer dans toute la complexité du malaise qui affecte notre rapport au travail. Il présente avec concision et précision les différentes thèses et donne la parole à plusieurs témoins qui refusent le paradigme dominant. Il pose d’emblée les termes du débat de façon contradictoire. D’un côté, il y a l’effritement, depuis quarante ans, d’une norme qui a longtemps privilégié la stabilité, le temps plein et les
Le quai de Ouistreham
AUBENAS Florence, Éd. de l’Olivier, 2010, 270 p.
On se rappelle d’elle, comme otage cinq mois durant, en Irak, en 2005. A peine libérée, elle publie le reportage sur l’affaire d’Outreau qu’elle avait presque terminé avant d’être kidnappée (« La méprise » cf. LS n°776). Et puis, la voilà qui informe son entourage de son absence, pour quelques mois, explication peu étonnante, pour un grand reporter. On connaissait Günter Wallraff, ce journaliste allemand qui avait vécu, en 1985, deux ans durant dans la peau d’un travailleur turc (« Tête de Turc