La société malade de la gestion. Idéologie gestionnaire, pouvoir managérial et harcèlement social

Vincent DE GAULEJAC, Seuil, 2005, 282 p.

Voilà une charge implacable, mais néanmoins fortement argumentée contre une idéologie qui a envahi progressivement tous les pores de notre société. La loi du marché et la compétition généralisée s’imposeraient à tous. Chacun est convoqué au service d’une économie entrée dans une quête de performance et une guerre de position où la seule alternative serait de gagner ou de disparaître. Le capitalisme financier a remplacé le capitalisme industriel : la valeur de l’entreprise est mesurée quotidiennement à

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Les désordres du travail. Enquête sur le nouveau productivisme

Philippe ASKENAZY, Seuil, 2004, 96 p.

La montée du chômage nous a habitués depuis trente ans à ne plus nous interroger sur les conditions de travail, mais sur le seul fait d’en avoir ou pas. Pourtant, les 3.000 accidents de travail qui ont lieu chaque année représentent 3 % de la richesse nationale, soit l’équivalent de plus d’une dizaine de jours fériés ! Le déni collectif de cette réalité tient à la conviction que l’abandon du taylorisme aurait notablement changé la donne : autonomie, responsabilisation, coaching, appui sur le réseau

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Malheur aux vaincus. Ah, si les riches pouvaient rester entre riches

Philippe LABARDE et Bernard MARIS, Albin Michel, 2002, 185 p.

L’OCDE a pu calculer la croissance du monde depuis 1820. A l’exception des périodes de guerres mondiales, cette croissance a progressé de façon ininterrompue de 1,17% par an. Depuis 1973, ce n’est plus vrai. Les 144 pays les plus pauvres (qui représentent 28% du PIB mondial), ont vu le revenu moyen par tête baisser de 0,80% par an. Cette situation concerne aussi les pays riches. Aux USA, entre 1973 et 1995, le salaire horaire du travail non cadre a baissé de 14% alors que dans le

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La malchance sociale

Pierre MANONI, Odile Jacob, 2000, 240 p.

Il est des ouvrages dont la lecture vient résonner avec le quotidien du travailleur social. Le livre de Pierre Manoni fait partie de ceux-là. Nous sommes nombreux, je crois, à les avoir croisés et accompagnés, ces usagers qui apparaissent comme victimes d’un impitoyable destin ou d’une implacable tragédie. D’autres encore, ont fait de leur vie un effroyable ratage : anéantissement personnel, naufrage affectif, mort sociale. L’auteur a conçu pour ces situations un nouveau concept, celui d’abdiction  (ne

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Le salarié de la précarité

Serge PAUGAM, puf, 2000, 443 p.

Face au fléau que constitue le chômage, on a cru, au cours des vingt dernières années, que l’essentiel était de permettre aux exclus de retrouver un emploi, seul moyen non seulement de rétablir leur autonomie financière, mais aussi de réinstaurer leur dignité. Il est temps d’ouvrir les yeux, l’emploi ne met à l’abri ni de la pauvreté matérielle, ni de la détresse psychologique, ni de la souffrance : la forte croissance du temps partiel contraint (passé de 800.000 emplois à 1,4 million, en moins de dix ans)

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Une étrange dictature

Viviane FORRESTER, Fayard, Seuil, 2000, 223p.

Le lecteur que la harangue et le style déclamatoire ne rebutent pas pourra trouver ici le nouvel écrit de l’essayiste de « L’horreur économique ». L’auteur y déploie la même fougue et la même hargne contre ce libéralisme « qui démontre son incapacité à se gérer lui-même, à contrôler ce qu’il suscite, à maîtriser ce qu’il déchaîne. » Et de s’attaquer aux mythes véhiculés traditionnellement. La croissance serait à l’origine de l’emploi ? C’est justement elle qui en détruit le plus (et de citer à

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La bourse ou la vie - La grande manipulation des petits actionnaires

Philippe LABARDE, Bernard MARIS, Albin Michel, 2000, 200 p.

Voilà un ouvrage sur l’économie du type qu’on aimerait lire un peu plus souvent. Les auteurs y prennent délibérément partie contre ce courant dominant qui voudrait nous faire croire que le marché et le contrat seraient l’unique et l’ultime règle de vie que pourraient établir les êtres humains entre eux. Contestant ce postulat, ils nous proposent une démonstration des plus revigorante quant aux mutations récentes de nos sociétés. Au départ de la nouvelle économie, expliquent-ils,  il

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Lee monde n’est pas une marchandise - Des paysans contre la malbouffe

José Bové et François Dufour (entretiens avecx Gilles Lumeau) éditions La découverte, 2000, 238 p.

« Les travailleurs sociaux doivent-ils être des militants ? » s’interrogeait Lien Social dans son colloque d’Octobre  1999. Les professionnels qui travaillent à l’insertion des exclus ne peuvent rester indifférents à la nature du monde qu’ils veulent leur faire intégrer. Bien sûr, il y a l’action associative, syndicale ou politique que chacun peut mener en tant que citoyen. Mais il y a aussi ces réalités en pleine mutation qui interpellent le
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Qu’est ce que la richesse?

Dominique MEDA, édition Aubier, 1999, 423 p.

 Après avoir longuement interrogé la notion de travail (« Le travail, une valeur en voie de disparition », cf. Lien Social n°369), Dominique Méda récidive avec bonheur. A son tableau de chasse, cette pourfendeuse d’évidences, accroche ici un nouveau trophée : la richesse. Nos sociétés explique d’emblée l’auteur se prétendent riches au prétexte qu’elles amèneraient sur le marché une profusion de biens et de services que les individus s’approprient et consomment. De fait, en 30 ans, la France a

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Ah Dieu! Que la guerre économique est jolie

Philippe Labarde et Bernard Maris, Albin Michel, 1998, 295 p.

Sur le ton d’un pamphlet polémique et incisif, voilà une attaque en règle contre l’une des idéologies les plus dangereuses de cette fin de siècle : le néo-libéralisme. Les dégâts provoqués par ce nouveau dogme sont considérables : les fonctionnaires sont des planqués, les smicarts de honteux privilégiés, les assurés sociaux des nantis et les chômeurs des paresseux qui s’accrochent à leurs allocations … Comment en est-on arrivé là ? Pendant des années, on n’a pas arrêté de nous

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