Les publications en sciences humaines sont nombreuses et d’une richesse impressionnante.La lecture de centaines d’ouvrages a constitué, à chaque fois, un moment de plaisir et de grande satisfaction intellectuelle. J'espère que l’internaute trouve dans ces critiques l’envie de se plonger, à son tour, dans ces livres

Le crépuscule d’une idole, l’affabulation freudienne

Onfray Michel, Grasset, 2010, 613 p.

Pauvre Freud ! La statue du commandeur vacille et les psychanalystes se déchaînent, ne sachant que jouer aux vierges effarouchées, drapées dans la toge de la vertu, en considérant toute critique comme une offensive du libéralisme contre la seule pensée émancipatrice digne de ce nom : la leur. Il est vrai que Michel Onfray n’y va pas de main morte. Décryptage de l’élaboration d’un corpus conceptuel qui ne fait aucune concession à l’hagiographie dominante, analyse humaine d’un personnage marqué par son temps

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Prisonniers de guerre «indigènes». Visages oubliés de la France occupée

MABON Armelle, La Découverte, 2010, 298 p.

Avant de se consacrer, en tant qu’universitaire, à la recherche historique, Armelle Mabon fut assistante sociale. C’est en travaillant sur l’action sociale coloniale, qu’elle découvrit le sort réservé au cours de la dernière guerre mondiale aux prisonniers indigènes. Quand les 540.000 hommes de l’empire français sont mobilisés pour défendre la « mère patrie », ils vont vite se rendre compte que les préjugés raciaux et le mépris de l’administration coloniale ne s’arrêtent pas aux frontières de

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Le bêtisier du sociologue

HEINICH Nathalie, Hourvari, 2009, 154 p.

La sociologie a pour fonction de décrire et d’analyser, pas de former un jugement et encore moins un avis. Le sociologue explique ce qu’il ressent de la réalité. Il dérape, quand il affirme ce qu’elle doit être et échoue dans sa mission quand il affirme ce qu’il croit qu’elle doit être. Nathalie Heiniche n’est guère conciliante  avec sa propre discipline, n’hésitant pas à dénoncer les coteries d’un monde universitaire qui stigmatise toute volonté de pluralisme et toute tentative de pensée buissonnière

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Histoire de la folie de l’antiquité à nos jours

QUETEL Claude, éditions Taillandier, 2009, 620 p.

La poursuite de la folie à travers les âges, que nous propose Claude Quetel, remet en cause bien des idées reçues. La maladie mentale a existé à toutes les époques. Il n’y a pas de société sans fous. On en trouve la trace historique, dès l’antiquité. Le souci récurrent de la soigner a toujours mobilisé tant la médecine que le magique. L’imaginaire humain sut faire appel à une diversité de méthodes, mettant en jeu aussi bien les médicaments, que des thérapies par la parole ou d’autres média

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Un monde sans fous

BORREL Philippe, éditions Champ Social, 2010, 174 p.

Les années 1970/1980 auront été marquées par une formidable créativité de la psychiatrie. La sortie des malades mentaux des asiles qui les enfermaient jusque là, constitua une occasion unique des les soigner au plus proche de leur lieu d’habitation et de leur vie sociale. Encore aurait-il fallu que des dispositifs alternatifs les accueillent. Mais les 50.000 lits qui auront été fermés, depuis 1980, n’ont été relayés que par des familles très vite épuisées et la rue où les malades mentaux se

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Lettre à un jeune éducateur

DURANDE Pierre, Parole et Silence, 2010, 138 p.

Quand un philosophe se met à parler du travail d’éducateur, c’est beau. C’est parfois un peu érudit, mais cela permet de prendre de la hauteur à l’égard de cette immédiateté qui nous bouffe et nous empêche souvent de réfléchir. Pierre Durande nous propose ici une véritable éthique de la rencontre, qu’il décline au travers de 22 lettres qu’il adresse à Gregor, un étudiant entrant en formation  professionnelle. Et voilà les termes de la leçon proposée, pleine de sagesse et de force. Nous

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Quand Je éduque les autres...

DELHASSE Guy, Couleur Livres, 2010, 85 p.

Cela fait 30 ans que Guy Delhasse travaille comme éducateur en internat éducatif. La poésie et le langage de l’âme lui permettent de se débarrasser de tout jargon professionnel. On ne trouvera pas ici de grandes théories, ni de concepts savants. Juste les mots de tous les jours, pour dire le quotidien. Jeune professionnel, il était comme tant d’autres, animé de rêves, d’idéaux, d’envies de changer le monde. Bien plus modestement, il s’est retrouvé drapé dans une bure noire et enfermé entre quatre murs

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Les pauvres préfèrent la banlieue

LIEBIG Etienne, Michalon, 2010, 187 p.

Insensiblement et sans qu’on s’en soit aperçu, une construction mentale s’est élaborée au fil des années, transformant la banlieue en exutoire de nos peurs collectives fantasmées. Etienne Liebig en fait la démonstration ici, en identifiant les mécanismes et les réflexes qui nous emprisonnent et nous piègent. Ce n’est plus la réalité que l’on regarde, mais son interprétation au travers d’une grille de décodage qui nous amène à traduire tout ce qui se passe dans les quartiers défavorisés, à partir de

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Le conflit, la femme et la mère

BADINTER Elisabeth, Flammarion, 2010, 270 p.

Limpide, lumineuse et passionnante, telle est la dernière livraison d’Elisabeth Badinter qui va bien au-delà de la simple polémique pour ou contre les couches jetables, raccourci auquel on a eu un peu trop tendance à la réduire. A la fin des années 1970, explique-t-elle, les femmes ont accédé au choix entre d’un côté donner la priorité à leurs ambitions personnelles en jouissant de leur célibat et de l’autre satisfaire à leur désir de maternité. Et puis, une nouvelle idéologie est venue

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Pour en finir avec les violences faites aux femmes

BRUNEL Chantal, Le Cherche Midi, 2010, 261 p.

L’auteur est rien moins que député UMP. Nul n’est parfait. Autant dire qu’il serait légitime que l’on se méfie de sa prose, tant sa force politique a montré depuis trois ans des élans profondément anti-sociaux. On aurait bien tort. Il semble qu’ici la question féminine transcende les différences idéologiques : « depuis que les sociétés existent, les femmes subissent les pires exactions. De tous temps, elles ont vu leurs droits bafoués et leur honneur sali » (p.18) affirme Chantal Brunel qui

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