SCIENCES HUMAINES
Sauve-toi, la vie t’appelle
CYRULNIK Boris, Ed. Odile Jacob poche, 2014, 291 p.
Tout évènement traumatique peut placer la victime sous l’emprise d’une mémoire sélective qui lui fait fuir les situations qui pourraient l’y faire penser, les objets qui pourraient l’évoquer et les mots qui pourraient réveiller la blessure occasionnée. L’évoquer présente le risque de faire resurgir dans la conscience l’image insupportable du choc venant envahir la nuit, de terribles cauchemars. Boris Cyrulnik sait de quoi il parle, lui qui est un rescapé de la Shoah, n’ayant réussi à
Prendre soin de l’enfance
DAVID Myriam et all (sous la direction de Marie-Laure Cadart), Ed. érès, 2014, 480 p.
C’était plutôt une gageure que de réussir à choisir les textes les plus représentatifs et significatifs de la pensée de Myriam David, qui nous a quittés, il y a de cela dix ans. Pari réussi ! Jamais ennuyeux, toujours éclairants, ses propres écrits alternent avec ceux de ses amis, élèves et héritiers. Tout ce que l’on peut lire dans ce recueil peut sembler au lecteur contemporain évident. Et c’est, sans doute, la victoire posthume de cette grande dame qui a
Psychologie de la négociation. Du contrat de travail au choix des vacances
DEMOULIN Stéphanie, Ed. Mardaga, 2014 355 p.
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la négociation, sans oser le demander, a de grandes chances de se trouver ici. Stéphanie Demoulin nous propose un ouvrage précis, détaillé et particulièrement exhaustif sur une posture que nous adoptons toutes et tous, dès lors qu’il y a différents points de vue en présence et/ou des intérêts divergents en jeu. C'est-à-dire, quasiment tout le temps. L’auteur décline les multiples facettes de cette constante des relations humaines. Elle décortique
Les 30 notions de la psychologie
LECOMTE Jacques, Ed. Dunod, 2014, 162 p.
L’ouvrage de Jacques Lecomte devrait intéresser tout lecteur doté d’une ouverture d’esprit et du désir de mieux s’y retrouver dans la galaxie de la psychologie. Mais, il irritera les adeptes de l’une ou l’autre des chapelles, profondément convaincu que le dogme auquel il voue une foi aveugle relève de la vérité révélée. C’est cette posture qui marqua, pendant longtemps, la haine farouche opposant la psychanalyse et le comportementalisme. Excédés par des visions réductionnistes percevant l’être humain
Arrêtez de vous tromper! 52 erreurs de jugement qu’il vaut mieux laisser aux autres
DOBELLI Rolf, Ed . Eyrolles, 2012, 260 p.
Issus des sciences cognitives, voilà présentés cinquante deux biais de raisonnement que nous utilisons toutes et tous régulièrement, sans nous en rendre compte. En prendre conscience est grandement utile, pour tenter de s’en départir. L’auteur ne s’embarrasse pas de grandes théories. Il se contente de présenter des fiches illustrant chacune de ces erreurs de perception, d'évaluation, d'interprétation logique. L’évocation de ces mécanismes trouve ses sources dans la familiarité de notre quotidien
La clinique du bout du fil. L’aide psychologique par téléphone en question
CAPOBIANCA Aurélie et GONZALEZ Julie, 2012, Ed. PUF, 198 p.
Depuis la création de SOS Amitiés, en 1960, les offres d’aide psychologiques à distance se sont multipliées. Aux lignes d’écoute gratuites se sont rajoutées ces propositions commerciales de thérapie par téléphone, avec abonnement possible et première séance gratuite. Gain de temps, d’énergie, d’argent et de déplacement pour les consommateurs qui peuvent ainsi obtenir un psy immédiatement et tenter de soulager instantanément leur souffrance. Mais, peut-on soigner l’âme comme on
Sexe, race & culture
TORT Patrick, Ed. Textuel, 2014, 108 p.
Le débat est vif entre la sociobiologie et les sciences sociales. D’un côté, les tenants de l’enracinement biologique, pour qui les gènes ou le fonctionnement neurologique légitiment les différences entre les races et les sexes. De l’autre côté, les partisans du tout culturel qui considèrent ces représentations comme de pures constructions sociales. Pour Patrick Tort, spécialiste de l’œuvre de Darwin, interviewé ici par Régis Meyran, l’antagonisme entre l’inné et l’acquis est complètement dépassé. Si
Faut-il être normal ?
COUTANCEAU Roland, Ed. Michel Lafon, 2014, 250 p.
Qu’est ce que la normalité ? Si la psychologie positive tente de répondre à cette question, la plupart des psychiatres et des psychologues préfèrent se consacrer à ses dérèglements. Roland Coutanceau ne déroge pas à la règle, puisqu’il commence par définir ce qui relève respectivement de la personnalité difficile, de comportements destructeurs et de la maladie mentale. Certaines affections sont banales, explique-t-il : nous sommes tous des névrosés qui souffrons, à des degrés divers
En finir avec Eddy Bellegueule
LOUIS Édouard, Ed. Seuil, 2014, 220 p.
Il est des récits d’enfance qui sont emplis de la nostalgie d’un temps révolu. Celui que nous livre Édouard Louis n’en fait pas partie. « De mon enfance, je n’ai aucun souvenir heureux » : c’est par cette phrase définitive que commence son roman. Mais, ici, point de plainte lancinante ou récurrente. Juste un regard brutal et sans concession sur un passé qui mit trop de temps à se terminer, avant de donner naissance à un présent bien plus prometteur. Issu d’une famille pauvre aux habitudes rudes et
Les ressorts de la violence. Peur de l’autre ou peur du semblable?
Russell Jacoby, Ed. Belfond, 2014, 293 p.
Les sources de la violence sont souvent reliées au rejet de l’autre et de son étrange dissemblance. Et si, tout au contraire, c’était la ressemblance qui était à l’origine des discordes les plus obstinées ? C’est l’hypothèse que défend Russell Jacoby, en s’appuyant tant sur la philosophie que sur l’histoire. « L’ordre, la paix et la fécondité reposent sur les différences culturelles. Ce ne sont pas les différences mais leur perte qui entraîne la rivalité démente, la lutte à outrance entre les hommes