Livres
La psychologisation de l’intervention sociale: mythes et réalités
Sous la direction de Maryse BRESSON, L’Harmattan, 2006, 268 p.
C’est un leitmotiv depuis quelques années : le social serait en voie de psychologisation. De plus en plus, on relierait l’origine des déficiences à l’incapacité des individus à construire un lien social durable et à satisfaire aux rites d’initiation et d’intégration. Ce qui compterait, ce serait les propriétés individuelles mises en œuvre pour apprendre les bons comportements propres à éviter de souffrir. Si chacun est désormais responsable de son propre parcours, il conviendrait
Comprendre la nature humaine
Steven PINKER, Odile Jacob, 2005, 602 p.
Le XXème siècle a tellement été marqué par les terribles conséquences des théories sur l’hérédité des différences entre les êtres humains, que ces hypothèses semblent cantonnées aux égouts de l’eugénisme, du nazisme ou du colonialisme. Et voilà qu’un psychologue américain ose relever le défi. Dans un ouvrage fleuve, il tend à démontrer que l’on peut attribuer des sources génétiques à certains comportements humains, tout en condamnant le racisme, le darwinisme social, les préjugés et autres sexisme
Les malheurs des psys. Psychotropes et médicalisation du social
Philippe PIGNARRE, La Découverte, 2006, 180 p.
La psychiatrie française s’est longtemps ancrée sur les références psychanalytiques, se tenant, jusqu’à peu, à l’écart des pratiques devenues dominantes dans le reste du monde. Et puis, l’époque où les propositions de cette école étaient par trop rebelles et indésirables pour les conservateurs s’est progressivement éloignée : « les révolutionnaires ont vieilli ; ils sont fatigués ; ils n’apportent plus la peste nulle part et, au contraire, ils se trouvent bien souvent dans les camps les plus
Le collectif pas de "zéro" de conduite pour les enfants de trois ans
Le Collectif Pas de O de conduite, érès, 2006, 240 p.
Au départ, il y a une étude de l’INSERM publiée en septembre 2005 qui se veut une expertise scientifique (« Trouble des conduites chez l’enfant et l’adolescent »). A l’arrivée, il y a une levée massive de boucliers et une pétition qui a récolté, à ce jour, plus de 190.600 signatures. Pourquoi une telle mobilisation ? Le premier reproche fait à cette recherche est d’ordre méthodologique. La démarche s’avère être une approche univoque qui privilégie un bio déterminisme d’inspiration
L’enfance en danger. Ils n’ont rien vu?
Catherine SELLENET, édition Belin, 2006, 236 p.
La protection de l’enfance aurait-elle fait faillite ? Entre les accusations de Maurice Berger et les affaires tant d’Outreau que d’Angers, on peut se le demander. Deux courants se distinguent dans cette pratique. D’un côté ceux qui préconisent la co-éducation avec des familles qui doivent être plus accompagnées que suivies, plus reconnues dans leurs compétences mêmes partielles que stigmatisées et à qui l’on doit proposer des solutions de suppléance plutôt que de se voir substituées auprès de
La protection de l’enfance : maintien, rupture et soins des liens
Marceline GABEL, Martine LAMOUR, Michel MANCIAUX, éditions Fleurus, 2005, 428 p.
Le développement psychologique optimal de l’enfant nécessite qu’il ait pu développer très tôt une relation d’attachement suffisamment satisfaisante. Tout bébé est programmé pour rechercher la proximité d’un adulte, en cas de détresse. Il associera cette expérience de rapprochement physique avec l’expérience émotionnelle plus intérieure de sécurité. Plus il aura déployé ce ressenti, plus il sera tenté d’explorer ce qui l’entoure et développera son autonomie
Police de proximité. Nos politiques de sécurité
Sebastian ROCHE, Seuil 2005, 310 p.
L’insécurité et le sentiment qui l’accompagne a progressivement occupé le devant de la scène depuis le début des années 1970. Sebastian Roché, qui fut le premier à en parler en 1993, à une époque où ces questions étaient rejetées au rang de pur fantasme, nous propose dans son nouvel ouvrage un état des lieux sans concessions : le taux d’élucidation des crimes et délits est aujourd’hui de 26,5% contre 51% en 1950. Pour cent délits commis, cinquante sont portés à la connaissance de la police, douze sont
Le frisson de l’émeute. Violences urbaines et banlieues
Sebastian ROCHE, Seuil, 2006, 228 p.
En opposition avec le modèle de la police de proximité Nicolas Sarkozy conçoit une police réactive, susceptible de réagir plutôt que d’anticiper, d’interpeller les délinquants plutôt que de prévenir les conditions de leurs actes. Les émeutes de 2005 signèrent la faillite de sa stratégie. Avant qu’elles ne se déclenchent, personne ne vit rien venir, les autorités ayant négligé ou cassé les instruments leur permettant d’avoir une visibilité sur ce qui se déroule. Après leur extinction, alors que jamais on
Intervenir en toxicomanie
Pascal COURTY, La découverte, 2005, 182 p.
Si l’on peut définir la toxicomanie comme la perte de la liberté de s’abstenir de prendre un produit, en dépit de la connaissance de son caractère nocif, le traitement consiste alors à retrouver la possibilité de faire un choix et de rétablir un contrôle sur la prise de ce produit. Il est utopique de rêver à une société sans drogue. Il est bien plus réaliste d’éduquer les populations afin de leur permettre de consommer en toute connaissance de cause. Ce discours s’est progressivement imposé dans
Nos années SIDA - 25 ans de guerre intime
Eric FAVREAU, La découverte, 2006, 217 p.
Il est rare qu’une maladie possède un certificat de naissance. Il est encore plus rare qu’elle se soit si rapidement transformée en pandémie et soit devenue la plus grande catastrophe sanitaire que l’humanité aie connue. Entre 1981 et 2006, elle a fait 75 millions de victimes à travers le monde ; 25 millions en sont mortes. En 2005, 4,9 millions de personnes ont été nouvellement infectées et 3,1 sont décédées. L’ouvrage qu’Eric Favreau consacre à cette question donne la parole tant aux acteurs de