Livres
Dans l’œil du cyclone ASE
COUTURIER-CRESCENZO Frédéric, Éd. Les 3 colonnes, 2019, 154 p.
Le pot de fer contre le pot de terre : c’est l’image qui ressort de ce récit du duel perdu d’avance d’une assistante familiale contre une administration implacable qui a fait le choix d’appliquer le principe de précaution, au détriment de la présomption d’innocence. Dans le métier depuis vingt ans, l’auteure en a vu passer des enfants. Mais, rarement comme Siméon. Pourtant, tout avait commencé dans un moment de grâce : cette fameuse « lune de miel » faite de rire, de jeux et même
Mes enfants et ceux des autres
TIVOLI Véronique, Éd. Baudelaire, 2021, 294 p.
Ce récit de vie rythmé et particulièrement bien écrit décrit les sept années du travail effréné d’une assistante familiale travaillant dans un dispositif de famille d’accueil d’urgence. A travers son témoignage, c’est le parcours de vie de plus d’une cinquantaine de mineurs que le lecteur découvre. Ces moments chaotiques et douloureux, mais aussi remplis de tant de tendresse et d’amour font sourire autant qu’ils émeuvent. Mais, un même fil rouge traverse ces pages : une profonde humanité. C’est
L’enfant en situation de handicap
WEIL Claire (sous la direction), Éd. L’Harmattan, 2017, 179 p.
Pendant longtemps, l’accueil de jeunes enfants polyhandicapés se résumait à la prise en charge au sein de grandes fondations religieuses ou publiques. C’est à La Roche Guyon qu’est créé, en 1967, le premier placement familial spécialisé. L’accueil y est conçu sans empiétements sur la place des parents et dans un équilibre entre soins quotidiens et accompagnement éducatif. Cinquante ans après, ce livre témoigne de toutes ces rencontres frappées au coin d’une bienveillance
Parcours en accueil familial. Sens et pratiques
EUILLET Séverine (sous la direction), Éd. L’Harmattan, 2019, 153 p.
Il est deux mythes en placement familial qui portent préjudice à l’enfant. C’est d’abord celui du départ sans retour envisageable, la famille d’origine étant considérée par essence comme toxique. Ce fut une constante, à l’époque de l’assistance publique, qui ne retenait qu’une seule identité : celle du numéro d’immatriculation porté au cou, comme un collier. Puis est survenu cet autre mythe d’une réintégration inévitable au milieu d’origine, déconstruit par la réalité de
Aux origines, l’archéologie
DEMOULE Jean-Paul, Éd. La Découverte, 2020, 332 p.
L’instrumentalisation du passé à toujours été une arme au service des préoccupations idéologiques, politiques et sociales. La fable des quarante rois et quinze siècles qui « ont fait la France », le mythe du baptême fondateur de Clovis servant à légitimer la royauté, une Jeanne d’Arc victime en fait non de l’envahisseur mais de la dispute entre deux fractions de la noblesse (les Bourguignons et les Armagnacs) … Le marché de l’histoire réactionnaire se porte bien, revendiquant un roman
Histoire mondiale du bonheur
DURPAIRE François (Sous la direction), Éd. Cherche Midi, 2020, 443 p.
Si le développement personnel en a fait son sujet central, sa quête est aussi ancienne que notre espèce. Pour autant, ses représentations sont multiples. Il est dans la satisfaction immédiate pour les hédonistes grecs, mais différée pour les eudémonistes. Pour les stoïciens, c’est la vertu qui y conduit alors que pour les épicuriens, elle en est le produit. Niché dans le jardin secret de chacun pour les Japonais, dans la réalisation personnelle pour les bouddhistes ou
Travailler. La grande affaire de l’humanité
SUZMAN James, 2021, Éd. Flammarion, 474 p.
S’il est un mythe tenace, c’est bien celui de l’homo economicus : nous serions des créatures égoïstes, coincées entre nos désirs infinis et nos moyens limités, contraintes à travailler toujours plus pour produire des richesses et consommer plus de biens. Et pourtant, notre espèce n’a pas toujours accumulé de la nourriture et encore moins de richesse, pas toujours obnubilée par la préservation d’un quelconque rang social. Loin d’être confrontée à la famine et à la sauvagerie, elle consacrait quinze à
Humanité. Une histoire optimiste
BREGMAN Rutger, Éd. du Seuil, 2020, 426 p.
Et si la vision négative d’une humanité fondamentalement mauvaise, naturellement animée par des réflexes égoïstes, agressifs et violents n’était qu’en partie vraie ? Certes, l’espèce humaine a démontré à travers l’histoire, sa facilité à commettre les pires atrocités. Mais, en y regardant de plus près, il semble qu’elle soit aussi programmée pour se montrer sociable et solidaire, condition sine qua non pendant longtemps de sa survie. Les nombreux exemples décrits par l’auteur le démontrent avec
Enfants et familles vulnérables en protection de l’enfance
BOUTANQUOI Michel et LACHARITE Carl (sous la direction), Éd. Presse universitaire de Franche-Comté, 2020, 259 p.
Si les années 1990 ont vu apparaître et se généraliser le concept d’exclusion, la décennie 2010 a privilégié celui de vulnérabilité. Ce concept séduisant mérite pourtant d’être interrogé. La condition humaine est fragile et tout individu est faillible. Pourquoi opposer des populations réifiées dans un statut figé dans une faiblesse immuable face à des travailleurs sociaux réputés sauveurs infaillibles ? Une telle approche
Enfant mal placé
MARTY Hakan, Éd. Max Milo, 2020, 283 p.
Et si la protection de l’enfance relevait d’une complexité bien plus contrastée que certaines représentations caricaturales médiatiques nous laissent entrevoir ? Le récit de vie d’Hakan Marty en est une illustration édifiante. Issu d’une famille où les enfants sont placés depuis trois générations, il nous décrit sa mère comme une adulte inconstante, dealeuse, prostituée et droguée qui eut la lucidité de le déposer dans la pouponnière où elle avait elle-même commencé sa vie. Sans n’avoir jamais réussi à