C’était mieux avant!

SERRES Michel, Ed. Le Pommier, 2017, 95 p.

Avant, les guerres successives faisaient des millions de morts. Avant, les pauvres mourraient sans soins les médecins emportant dans leur sacoche les dix médicaments efficaces pour les patients qui pouvaient les payer. Avant, on pouvait injurier les juifs dans des revues antisémites et prétendre scientifiquement que les noirs étaient plus proches des primates que des êtres humains. Avant, les usines pouvaient répandre sans contraintes leurs déchets dans la nature. Avant, il fallait mettre au monde

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Vers un État social actif à la française

ROUZEAU Marc, Éd. EHESP, 2016, 169 p.

L’État providence se délite. Le cadre de référence construit au cours des trente glorieuses a été remis en cause par les crises successives des années 1980. Sous l’effet de la mondialisation, de la décentralisation, de l’européanisation et du paradigme néo-libéral, la protection sociale et l’assistance ont cédé le pas à la promotion de l’équité et de la cohésion sociale, du développement des capabilités et de la mobilisation des bénéficiaires. Les travailleurs sociaux se voient confier la mission

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Non, ce n’était pas mieux avant. 10 bonnes raisons d’avoir confiance en l’avenir

NORBERG Johan, Ed. Plon, 2017, 269 p.

Le bon vieux temps, c’est maintenant, proclame avec force Johan Norberg ! L’idéalisation du passé est une aberration. Jusqu’à ce que la révolution agricole multiplie la productivité par 2500, la malnutrition tuait des milliers de personnes : 56 famines nationales rien qu’en France entre le XIème et le XVIIIème siècle. L’accès à l’eau potable était rare, la pollution des sources contraignant à consommer de la bière et du vin (la fermentation éliminant les bactéries). L’espérance de vie était de 20/30 ans

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De mieux en mieux et de pire en pire

TAVOILLOT Pierre-Henri, Ed. Odile Jacob, 2017, 264 p.

Depuis le commencement des choses, ce fut toujours mieux avant, explique Pierre-Henri Tavoillot. La rengaine ambiante reprenant le « tout va de pire en pire » n’est pas récente. Elle faisait dire à Sénèque il y a 2.000 ans combien l’homme ne cesse de regretter le passé et de craindre l’avenir. Pourtant, si tout le monde se plaint, personne ne veut revenir en arrière. Car, chacun constate que « tout va de mieux en mieux ». Comment expliquer cette ambivalence ? L’émergence de la modernité a

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Les larmes de Charlie… et Cie

FIZE Michel, Ed. L.G.O., 2017, 67 p.

Après chaque évènement médiatique fort, le corps social plonge dans une véritable transe émotionnelle, répercutée par des media grands prescripteurs de ce qu’il faut ressentir. Tout semble bon pour produire cette véritable spectacularisation du tragique, une émotion sur le point de disparaître étant déjà remplacée par la suivante. La communion qui s’empare de l’opinion publique remplace la réflexion par la bien-pensance, fait primer le sentiment sur l’évènement qui est sensé le déclencher, substitue

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Aliénation et accélération. Vers une théorie critique de la modernité tardive

ROSA Hartmut, Ed. La Découverte, 2014, 153 p.

Notre monde est soumis à un vertigineux processus d’accélération. Au niveau technique d’abord : la vitesse de communication s’est accrue de 107 %, celle des transports de 102 % et celle du traitement des données de … 1010 %. Le changement social  est aussi concerné : la famille ou le travail connaissent des bouleversement à l’intérieur d’une même génération (quand il en fallait plusieurs, auparavant). Il en va de même pour le rythme de vie : nous faisons plus de choses en moins de temps et plus

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Jouer le monde. Critique de l’assimilation du sport au jeu

DAVID Ronan et OBLIN Nicolas, Ed. Le bord de l’eau, 2017, 81 p.

Il est courant d’identifier le sport au jeu. Les deux auteurs contestent cette confusion et le démontrent avec opiniâtreté. Le jeu qu’ils désignent comme « libre » est un amusement, un divertissement, un délassement et une récréation. Il n’a pas vocation à éduquer, mais à distraire, à s’amuser et à se mesurer en gagnant une fois et perdant une autre. Le cache-cache, le loup, la dînette, l’imitation de la maîtresse ou du docteur n’ont d’autres buts que de se cacher, de s’attraper

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La France périphérique. Comment on a sacrifié les classes populaires

GUILLUY Christophe, Ed. Flammarion, 2014, 187 p.

Les grandes métropoles pourraient constituer le miroir d'une mondialisation heureuse : enrichissement permanent et PIB en hausse, symbole d'une société ouverte et déterritorialisée où la mobilité des hommes et des marchandises est source d'emplois et de progrès social. Mais, quand on y regarde de plus près, ce que fait avec précision Christophe Guilluy, on constate l'émergence d'une contre société regroupant des catégories de population vivant en dessous du revenu médian et fortement

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Sport à tout prix? Critique de la socialisation sportive

Le Sociographe n°38, mai 2012, 128 p.

Longtemps rejeté pour son élitisme et sa dimension éminemment commerciale, le sport de compétition a été convoqué, au début des années 1980, pour réussir à canaliser la violence des quartiers défavorisés, favoriser l’unité entre les communautés et atténuer les différences sociales, sexuelles et ethniques. En réalité, ce qui a changé, ce n’est pas la nature de cette activité, mais la mission quasiment miraculeuse que lui enjoignent d’accomplir certains entraîneurs, éducateurs ou acteurs politiques. Le

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La société du mérite. Idéologie méritocratique & violence néolibérale

GIRARDOT Dominique, Le bord de l’eau, 2011, 228 p.

En imposant le principe généralisé du mérite, la société démocratique s’est construite à l’opposé d’un régime autocratique fondé sur des privilèges liés au hasard d’une noble naissance. Où peut-on trouver meilleure justice et meilleure égalité que dans ces critères de l’effort et de la compétence individuelle ? Tel est, en tout cas, le credo républicain qui s’est imposé depuis plus de deux siècles. Pourtant, sous des apparences accortes, l’idéologie du mérite est porteuse d’une redoutable

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