Livres
Le regard de l’enfant, étude clinique
Simone Rouchy et Chantal Aubry, ESF, 1995, 106 p.
Tous les professionnels de la relation savent que le regard possède en lui-même une valeur relationnelle intense. La diversité du vocabulaire s’y rapportant montre d’ailleurs la richesse de ce sens: on porte son attention sur, on vise, on examine, on observe, on scrute, on explore, on discerne, on surveille, on contrôle ... Le regard peut dire bien plus qu’un discours, voire même contredire les propos tenus. En effet, s’il est en harmonie avec l’expression du visage ou la gestuelle du corps
Face aux secrets de ses origines - Le droit d’accès au dossier des enfants abandonnés
Pierre Verdier et Martine Duboc, Dunod, 1996, 216 p.
Qu’on se le dise et qu’on se le répète: le temps d’une administration toute-puissante coupable de rétention systématique d’informations est révolu ! Les lois de 1978 & 1979 sont claires: tout individu a le droit de savoir ce que l’administration sait sur lui. Cette dernière est tenue de procéder à la communication matérielle (avec possibilité de copies -toutefois à la charge du consultant) de tout ce dont elle dispose le concernant. Seule restriction, les documents bénéficiant d’un
La prévention des toxicomanies chez les adolescents
Yves Gervais, L’Harmattan, 1994, 217 p.
Faire préfacer son livre par un Francis Curtet qui en 1985 s’est opposé à la libéralisation de la vente des seringues en affirmant « quand on jongle avec la folie et la mort, on peut tout autant jongler avec le sida » est un bien grand risque. Le livre d’Yves Gervais est resté des mois durant sur un coin de mon bureau avant que j’y jette un regard méfiant. Bien mal me prit de tarder ainsi. A peine les premières pages tournées, je me suis mis à le dévorer. L’intelligence du propos, la perspicacité de
Dictionnaire des idées reçues sur la drogue
Sous la direction de Patrick Piro, Syros, 141p, 1995
La question de la toxicomanie a beaucoup de mal à se débarrasser dans notre pays de cette mélasse qui lui colle à la peau depuis de nombreuses années. Diabolisation, hystérie collective, aveuglement, irrationalité président au débat refoulant au loin toute raison.
Notre société s’est habituée culturellement bon an mal an aux 50.000 morts liés à l’alcoolisme, aux 60.000 décès dus au tabagisme et aux tranquillisants qui gardent sous leur emprise le quart de la population. Cela n’émeut pas
La France malade du travail
Jacques DE BANDT, Christophe DEJOURS, Claude DUBAR, Bayard Editions, 1995, 207 p.
Pour les auteurs, la crise est triple.
Il s’agit tout d’abord d’une phase de transition entre une société industrielle marquée par une forte croissance et un nouveau modèle qui reste à trouver (mais qui assumerait les formes rénovées de technologie, de rapports de production et d’organisation sociale).
La deuxième forme de la crise, elle, est directement liée aux comportements inadaptés des principaux acteurs économiques. Les gouvernements ont successivement
Vers un nouveau contrat social
Guy Roustang, Jean-Louis Laville, Bernard Eme, Daniel Mothé, Bernard Perret, Editions Desclée de Brouwer, 1996, 186 p.
Beaucoup plus intéressant, cet ouvrage qui pose des questions qui vont bien au-delà de l’horizon bien trop souvent borné des économistes traditionnels.
Le choix de départ est clair. Si le marché s’impose à nous comme un vecteur incontournable, laisser sa logique tentaculaire s’imposer librement représente un potentiel extraordinairement destructeur pour l’homme et la nature.
La période de fort essor qui s’est terminée dans
Réfugiés: le droit d’asile menacé
Gérard Dhôtel, Syros/Amnesty International, Collection J’accuse, 1995, 127 p.
Amnesty International propose chez Syros une collection consacrée à toutes celles et tous ceux qui ne bénéficient pas de l’oreille bienveillante des média ni de puissants groupes de pression syndicaux ou politiques pour se faire entendre.
Gérard Dhôtel s’intéresse cette fois-ci à la question du droit d’asile. Combien d’êtres humains sont confrontés à travers le monde à la persécution, à la guerre et à la famine ? On connaît en la matière une inflation inquiétante: 8
La nouvelle question sociale - Repenser l’Etat-providence
Pierre ROSONVALLON, Seuil, 1995, 222 p.
La crise de l’Etat-providence qui prend ses racines dans les années 70 a montré la nécessité de concevoir la question sociale selon une logique nouvelle. Les anciennes méthodes de gestion du social ne conviennent plus. Mais, pour y voir plus clair, il est important d’aborder le problème dans sa dynamique historique.
Pendant des millénaires, le lien social apparaissait comme naturel. Hiérarchie, distinctions et équivalences reliant les hommes entre eux étaient alors codifiées de façon organique. Les
Les métamorphoses de la question sociale - Une chronique du salariat
Robert CASTEL, Fayard, 1995, 490 p.
Pendant très longtemps, la société a existé sans social: l’individu était encastré dès sa naissance dans un réseau de contraintes reproduisant les injonctions de la tradition et de la coutume. L’aumône, l’hôpital tout comme l’orphelinat émergent comme compensation à une faillite de la communauté qui n’auto-régule plus ses exclus. Dès le XII ème siècle les municipalités et ce, bien avant les institutions religieuses, ont réagi aux facteurs de dissociation sociale apparue avec le développement des cités. Deux
La douleur de l’enfant
Annie Gauvain-Piquard et Michel Meignier, Calmann-Lévy, 1993, 265 p.
Voilà un livre essentiel que tout bon médecin devrait avoir à son chevet. Parmi toutes les violences que l’enfant est susceptible de subir, il en est une à laquelle on s’attend le moins, c’est celle qui provient du soignant. Il est en effet tout à fait hallucinant d’imaginer qu’il a fallu attendre le milieu des années 80 pour que soit remise en cause la légende selon laquelle le bébé serait trop immature pour ressentir la douleur et surtout s’en souvenir. Résultat