Les publications en sciences humaines sont nombreuses et d’une richesse impressionnante.La lecture de centaines d’ouvrages a constitué, à chaque fois, un moment de plaisir et de grande satisfaction intellectuelle. J'espère que l’internaute trouve dans ces critiques l’envie de se plonger, à son tour, dans ces livres

Du social business à l’économie solidaire. Critique de l’innovation sociale

COLER Patricia, HENRY Marie-Catherine, LAVILLE Jean-Louis, ROUBY Gilles, Éd. érès, 2020, 331 p.

Si la conception dominante de l’innovation sociale consistait à approfondir toujours plus la démocratie, en intégrant de nouvelles formes d’expression publique des citoyens, salariés et usagers. Si elle avait pour ambition d’accompagner les initiatives et projets à vocation sociale, solidaire et écologique. Si elle était fondée sur la subordination de l’économie à des objectifs d’émancipation. Mais, ce qu’elle cherche à nous vendre, c’est

En lire plus

Il faut s’adapter. Sur un nouvel impératif politique

STIEGLER Barbara, Éd. Gallimard, 2019, 336 p.

Mais d’où vient ce sentiment diffus, mais généralisé, d’un retard impliquant la nécessité d’évoluer, en s’adaptant aux mutations d’un nouvel environnement instable, complètement changeant et ouvert ? Barbara Stiegler fait remonter la généalogie de cet impératif à l’américain Walter Lippmann. Sans y voir là l’unique source d’un néolibéralisme aux expressions multiples, elle met à jour une idéologie dont bien des discours contemporains semblent s’inspirer. La grande dépression des années 1930 avait

En lire plus

Les loges du social, Histoire d’un borgne out

BENNAÏ Frédéric, Éd. Les 3 Colonnes, 2018, 137 p.

On les croit inoxydables, imperturbables et résistants à toutes les confrontations possibles et inimaginables. Peu s’interroge sur l’usure des professionnels en protection de l’enfance. Frédéric Bennaï le fait ici avec habileté et sobriété, en mettant en scène un travailleur social de l’Aide sociale à l’enfance aux prises avec les démons du public qu’il accompagne. Ni bureau des pleurs, ni cynisme, juste beaucoup d’humour et d’auto-dérision pour décrire cette contamination insidieuse et

En lire plus

Régie de quartier et résilience

NORYNBERG Patrick, Éd L’Harmattan, 2020, 173 p.

Tout ce que le lecteur a toujours voulu savoir sur les Régies de quartier n’est bien sûr pas là, l’auteur n’ayant pas la prétention à l’exhaustivité. Mais, il pourra trouver sous la plume de Patrick Norynberg le récit enthousiaste et passionné de la naissance, de la croissance et du déploiement du « bébé » dont il est le fondateur et président. Voyant le jour à la fin des années 1990, la Régie du Blanc Mesnil a d’abord répondu, comme ses cent quarante consœurs réparties dans l’hexagone, à la

En lire plus

Il était un éducateur

RUIZ François, Éd. Les Impliqués, 2021, 276 p.

Voilà un parcours de quarante ans au cœur des institutions accueillant des enfants placés qui risque de devenir rare, alors que les postes de responsabilité sont de plus en plus confiés à des personnes inexpérimentées face aux usagers. D’où l’intérêt de le lire. Avant de devenir Directeur de foyer, François Ruiz a commencé comme éducateur. Puis il devient chef de service. L’auteur a mille occasions ici d’évoquer sa riche et longue expérience. C’était un temps que les moins de vingt ans n’ont pas

En lire plus

Le festin de l’ogre

DAUTEL Stéphanie, Éd. Max Milo, 2021, 239 p.

Qui mieux qu’une victime peut expliquer combien le traumatisme de l’agression sexuelle constitue un poison à effet lent qui provoque d’une manière irréversible des dégâts personnels, collatéraux et transgénérationnels ? Il aura fallu quarante ans d’introspection, de réflexion, de bataille contre les préjugés, les tabous et le silence pour que Stéphanie Dautel écrive ce récit qui plonge au cœur de cette tumeur invisible et maligne qui n’a jamais cessé de la ronger. Tout commence ce 6 juillet 1979

En lire plus

Merci maîtresse !

F. Anouk, Éd. Cherche Midi, 2019, 254 p.

Quand une journaliste de Radio France démissionne pour enfin se trouver face à son public et se mettre à son service, cela donne un journal de bord rempli d’émotion et de tendresse. Juste après avoir passé avec succès le concours de professeur des écoles, l’auteure se retrouve en poste dans une école de regroupement pour enfants étrangers. Sa classe de CE2, elle en parle avec une bienveillance infinie. Et cela fait du bien de lire un récit qui, pour une fois, ne se réduit pas à d’incessantes jérémiades

En lire plus

Faire (l’)école. Un collège associatif sur la montagne limousine

COLLECTIF des archéologues d’un chemin de traverse, Éd. du Commun, 2020, 283 p.

Pratiquer une pédagogie active ; équilibrer la théorie, la pratique, l’artistique et le créatif ; prendre en compte la particularité de chaque élève … combien de parents en ont rêvé. Le collège associatif l’a réalisé. Produit d’une longue préparation, il ouvre ses portes à l’automne 2011. Le choix a été fait d’un établissement privé sous contrat, pour surmonter les obstacles posés par l’Education nationale. S’inspirant tant de Freinet que de Montessori, de

En lire plus

Les incasables

ZERROUKI Rachid, Éd. Robert Laffont, 2020, 268 p.

Quel équilibre trouver entre fermeté et bienveillance face à des élèves dont les souffrances induisent parfois des troubles envahissants du comportement ? Ce questionnement, l’auteur ne se contente pas de le poser d’un point de vue conceptuel, même s’il reproche aux chantres des pédagogies actives de se contenter d’expliquer comment nourrir les enfants et pas comment leur donner faim. C’est un praticien qui s’exprime ici, décrivant ce qu’il a mis en œuvre avec ses élèves de SEGPA.  Comme

En lire plus

Comment l’école reproduit-elle les inégalités ?

GOUDEAU Sébastien, Éd. P.U.G, 2020, 103 p.

Le mythe de l’école méritocratique a la vie dure. La disparité des trajectoires individuelles ne reflèterait qu’un différentiel d’intelligence, d’efforts, voire d’hérédité. Quand les statistiques établissent que 4 % des enfants d’ouvrier obtiennent un diplôme de niveau Bac + 5 (contre 40 % d’enfants de cadres) et qu’en SEGPA ils sont 86 % (contre 2 % de milieu aisé), cette élimination et relégation des élèves de familles pauvres dans les filières les moins valorisées posent quand même problème

En lire plus